Les séparatistes catalans préparent une marche "pour l'Histoire"

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CARLES PUIGDEMONT
President of the Catalan regional government Carles Puigdemont (2R) and Josep Lluis Trapero (R), chief of the Catalan regional police, inspect the Mossos D'Esquadra troops before attending an institutional ceremony to award the Mossos d'Esquadra (Catalan regional police), the Barcelona Local Police, the Cambrils Local Police and the emergency services with the Parliament's Medal of Honour on September 10, 2017 in Barcelona.Pro-independence protesters are due to come out in force in the streets o | LLUIS GENE via Getty Images
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Les séparatistes catalans doivent défiler massivement lundi à Barcelone pour la fête de la Catalogne, à trois semaines d'un référendum d'autodétermination interdit par les institutions espagnoles qui a plongé le pays dans une grave crise politique.

Pour eux, cette "Diada", prévue vers 17h00 (15h00 GMT), pourrait être la dernière avant l'indépendance, que le gouvernement séparatiste dirigé par Carles Puigdemont entend proclamer dans les 48 heures si le oui l'emporte au référendum qu'il a convoqué pour le 1er octobre.

"L'Histoire nous a convoqués, et c'est un grand honneur mais aussi une grande responsabilité", a déclaré dimanche le porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull.

Le slogan de la manifestation est "une Diada pour le oui", manière de lancer la campagne pour ce scrutin.

"Cela fait des années que la Diada n'est plus la Diada de tous les Catalans, mais là, c'est la démonstration claire que l'on cherche à exclure ceux qui ne sont pas favorables à l'indépendance", et voteraient non s'ils participaient, a regretté la chef du parti Ciudadanos (libéral et anti-indépendantiste, première force d'opposition en Catalogne) Inès Arrimadas.

Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a lui souhaité une "Diada de liberté, cohabitation et respect pour tous les Catalans", sur son compte Twitter.

Les séparatistes chercheront à démontrer qu'ils peuvent mobiliser largement, après une participation à la Diada en baisse en 2016.

La principale association organisatrice, l'influente Assemblée nationale catalane (ANC), dénombrait dimanche plus de 1.800 autocars affrétés pour l'occasion, et 400.000 inscrits.

Les manifestants formeront une croix de plus d'un kilomètre en se rassemblant sur les avenues d'Aragon et du Paseo de Gracia.

Référence à la croix que les indépendantistes comptent inscrire en cochant "oui" sur leur bulletin le 1er octobre, et "symbole de toutes les opportunités du nouvel État en forme de république qui nous attend", écrit l'ANC sur son site internet.

À Madrid, cette croix pourrait plutôt représenter l'interdiction catégorique du référendum par la justice et le refus tout aussi net du gouvernement de Mariano Rajoy de le laisser avoir lieu.

"Il n'y aura pas de référendum et je ferai tout le nécessaire pour cela, car c'est mon obligation", a martelé le chef du gouvernement ces derniers jours. Les tensions se sont exacerbées après la convocation officielle mercredi du vote.

'Nous les déborderons'

Les séparatistes entendent, eux, faire de cette "Diada" une démonstration de force avant le début officiel de la campagne vendredi.

Chaîne humaine d'un bout à l'autre de la région, défilés dans cinq villes différentes ou simplement marée humaine dans les rues de Barcelone... quelle que soit sa forme, depuis 2012, le rassemblement a mobilisé entre un demi-million et 1,8 million de personnes selon les années et les comptages.

Avec la Diada, les Catalans commémorent la chute de Barcelone, le 11 septembre 1714, à la fin de la Guerre de succession d'Espagne remportée par le prétendant Bourbon, qu'ils considèrent comme la date de la fin de leur autonomie.

"Lundi, nous les déborderons pacifiquement et démocratiquement, comme toujours, et le 1er octobre, nous les déborderons dans les urnes", a lancé Carles Puigdemont.

"Les urnes unissent, elles ne divisent pas", a-t-il affirmé dimanche en réponse à ses détracteurs qui l'accusent de diviser la société: "Ce qui divise, ce qui dégrade la démocratie, c'est de ne pas laisser voter".

Divisions

Manière de répondre aux autorités espagnoles qui ont commencé à agir afin d'empêcher la tenue du référendum, notamment en perquisitionnant une imprimerie et les locaux d'un hebdomadaire soupçonnés d'avoir participé à l'impression des bulletins de vote.

"Que vas-tu faire le 1er octobre? Aider à voter ou aider à l'empêcher?", lançait aussi dimanche le porte-parole de l'exécutif régional Jordi Turull aux citoyens et responsables catalans, pris entre deux feux.

La vice-présidente de l'ANC Natalia Esteve a menacé de convoquer de nouvelles marches pour répondre aux actions de la justice et de l'exécutif espagnols.

Et si le vote est physiquement empêché, "nous descendrons dans la rue et appellerons tous les citoyens de Catalogne (...) à sortir, autant de fois qu'il le faudra", a-t-elle prévenu.

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