"Bouteflika accroché au pouvoir comme Harpagon à sa cassette" (Boukrouh)

Publication: Mis à jour:
BOUKROUH NOUREDDINE
ALGIERS, ALGERIA: (From R) President of the Algeria Committee of the MEDEF International (French Employers Union) Yves-Thibault de Silguy, Algerian Trade minister Noureddine Boukrouh and Algerian Transport minister Mohamed Meghlaoui attend the third French-Algerian businessmen meeting in Algiers 08 February 2005. AFP PHOTO HOCINE ZAOURAR (Photo credit should read HOCINE ZAOURAR/AFP/Getty Images) | HOCINE ZAOURAR via Getty Images
Imprimer

Cette rentrée, Noureddine Boukrouh est en verve et il n’est pas près de se taire, on l’aura compris: après avoir publié des textes très critiques et très inspirés d’ailleurs sur le blocage total de la situation politique du pays et après avoir échangé quelques piques - par journaux interposés - avec les hauts gradés de l’armée algérienne, il revient ce matin dans un entretien accordé à El Watan pour traiter le président Bouteflika d’Harpagon:

“Ce qui me motive? dit Boukrouh, je vous l’ai prouvé j’espère. Non pas une haine recuite contre lui ou une envie de le remplacer, comme s’illusionnent certains sur eux-mêmes, mais ce qui est devenu en moi une révulsion pour ce que symbolise désormais cet homme aux yeux des Algériens conscients et du monde qui nous observe : rester au pouvoir comme un obsédé agrippé à quelque chose qu’il ne lâchera qu’une fois mort. Un peu comme Harpagon avec sa cassette dans L’Avare de Molière.”

Noureddine Boukrouh commence par rappeler qu’il avait travaillé dans l’équipe gouvernementale du président Abdelaziz Bouteflika à son premier mandat, de 1999 à 2005, à des postes économiques et qu’il avait écrit des discours pour le président qui “aimait bien mon style”, a-t-il tenu a ironiquement souligner.

Dans cet entretien, c’est donc à ce président - “qui n’a plus ses esprits” - qu’il décide de s’adresser directement aujourd'hui, sans prendre de gants:

“Cet homme n’a plus ses esprits, ce qui lui reste de vie physique et d’activité cérébrale est investi en totalité dans la soupçonnite, le «twasswis», la méfiance systématique, la surveillance sur sa gauche, sa droite, derrière, devant, dessous, dessus, si quelque chose ou quelqu’un est susceptible de nourrir l’intention de lui arracher le sceptre, le sceau présidentiel, le titre et la fonction. Il n’a confiance qu’en son frère et en quelques personnages placés à la tête des institutions qui comptent à ses yeux. Peu lui importe notre sort, notre avenir, notre dignité parmi les nations, et cela est inacceptable, injuste, immoral, suicidaire…”

Lorsque le journaliste, Ali Boukhlef lui demande s’il “n’a pas peur” car “des voix dans le pouvoir commencent déjà a monter au créneau, des histoires sont colportées”. Noureddine Boukrouh répond:

“Peur de quoi ? De qui ? Quelles histoires ? Pourquoi sortiraient-elles aujourd’hui plutôt qu’en leur temps ? Pour me faire du chantage ? Pour me faire taire ? Pour me distraire de mon travail politique ? Pour me faire peur ? Il n’y a que des voyous et des bandits pour raisonner et agir de la sorte, pour utiliser des méthodes aussi viles et aussi lâches.”

Il continue d’ailleurs en appelant les partis politiques aujourd’hui à s’inspirer du mouvement national en 1953: “Les partis politiques du mouvement national et les leaders politiques étaient des concurrents, voire adversaires les uns des autres, oubliant le colonialisme. C’est de ce blocage qu’est née l’idée du CRUA et, un an plus tard, un «front» trans-partisan était proclamé en vue de la réalisation d’un objectif unique : la reconquête de la souveraineté nationale.”

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.