Rohingyas: Le Dalaï Lama appelle Aung San Suu Kyi à trouver une solution pacifique

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AUNG SAN SUU KYI DALAI LAMA
Soe Zeya Tun/Reuters-Shutterstock/vipflash
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BIRMANIE - Dans une missive adressée à Aung San Suu Kyi, porte parole du gouvernement birman et prix Nobel de la paix, le chef spirituel bouddhiste l'exhorte à trouver une solution pacifique pour régler la crise des musulmans Rohingyas.

"Je vous appelle vous et vos collègues à tendre la main à toutes les composantes de la société pour tenter de rétablir des relations amicales au sein de la population dans un esprit de paix et de réconciliation", l'aurait interpellé le 14e dalaï lama et également lauréat du prix Nobel de la paix en 1989.

"Les questions qu'on m'adresse laissent penser que nombreux sont ceux qui ont du mal à comprendre que ce qui semble arriver aux musulmans se passe dans un pays bouddhiste comme la Birmanie", écrit-il par ailleurs dans sa missive.

Le chef spirituel tibétain exprime son inquiétude face aux violences et exactions du régime birman qui ont poussé près de 313.000 musulmans Rohingyas, selon les derniers chiffres de l'ONU, à fuir la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh.

Depuis l’attaque menée le 25 août dernier par l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (Arsa) contre des postes de police, le régime exprime en retour de violentes sanctions envers les civils issus de la minorité de confession musulmane.

"Un nettoyage ethnique" dénoncé par l'Onu et des prix Nobel de la paix

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a pour sa part fermement condamné, lundi, la crise humanitaire qui décime la Birmanie et affecte les musulmans Royingyas. Il ajoute que le traitement qui leur est réservé s'apparente à un "exemple classique de nettoyage ethnique".

Malala Yousafzai et l'archevêque Desmond Tutu, tout deux lauréats du prix Nobel de la paix, sont également montés au créneau pour dénoncer la passivité et le silence de Aung San Suu Kyi. La jeune pakistanaise a réagi en publiant un communiqué sur son compte Twitter où elle a écrit avoir "le cœur brisé face aux souffrances des musulmans Rohingyas de Birmanie". "Ces dernières années, je n'ai cessé de condamner le traitement honteux dont ils font l'objet. J'attends toujours de ma collègue prix Nobel Aung San Suu Kyi qu'elle en fasse de même", a-t-elle ajouté.

Dans une lettre, Desmond Tutu fustige également Aung San Suu Kyi et lui rappelle que son accession au pouvoir en Birmanie avait soulevé "l'espoir de voir la fin des violences perpétrées contre les Rohingyas".

La porte parole du gouvernement birman est sortie de son silence mercredi dernier pour dénoncer "un iceberg de désinformation" sur la crise qui sévit dans son pays, ignorant une fois de plus les reproches exprimés par la communauté internationale.

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