Salle comble pour Atlal aux Rencontres Cinématographiques de Béjaia

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RENCONTRES CINE DE BEJAIA
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"On est très contents du démarrage", ont déclaré au HuffPost Algérie, les organisateurs des 15èmes Rencontres cinématographiques de Béjaïa. Et pour cause, lors de sa première soirée, samedi 9 septembre, la cinémathèque était pleine à craquer pour En attendant les Hirondelles, de Karim Moussaoui.

"Nous avons une capacité d’accueil de 320 places dans la salle de projection. Et il y avait près de 400 personnes. Les gens sont restés debout ou ils se sont assis parterre. Et puis on a fini par fermer les accès pour des raisons de sécurité."
La journée de dimanche semblait elle, un peu plus calme, en dépit d’une programmation plus fournie. "L’après-midi, on a toujours un peu moins de monde, et la pluie joue aussi sur les fréquentations."

Amar, Bougiote cinéphile de 27 ans, est un habitué du festival depuis quatre ans. "Les films qui sont diffusés sont souvent peu connus, c’est ce que j’aime. L’initiative, dans sa globalité, est super. Dommage qu’il y ait eu une coupure de courant dans l’après-midi", glisse-t-il.

Il est venu accompagné de son ami Akli, venu lui pour la première fois, et particulièrement touché par le court-métrage Tangente réalisé par Rida Belghiat et Julie Jouve qui relate le parcours sensible d’une détenue Réunionnaise victime de violences conjugales passionnée de course.

 "J’avais l’impression d’être dans la peau du personnage, je ressentais tout ! Pour une première, je suis vraiment comblé."

Question migratoire (En face de Jérémie Guez), pouvoir de manipulation des médias (That Lovely Life, de Rami Aloui), quête d’identité (Makanch mouchkil – Nos identités de Franck Renaud)… Ce sont des thématiques qui sont dans la gravité que les RCB ont choisi de mettre à l’affiche de cette deuxième journée. Le point d’orgue ayant été atteint avec Atlal (littéralement, "les ruines " en arabe littéraire), réalisé par Djamel Kerkar, qui aborde le sujet de l’après-décennie noire, dans la commune de Ouled Allel, qui avait été pendant les années 90 l’une des bases arrières des Groupe islamiques armés (GIA) et qui a été prise d’assaut par l’armée algérienne en septembre 1997.

Plans fixes et témoignages transgénérationnels se succèdent pendant 111 minutes. Dans cette ville aux allures de cimetière, vingt ans plus tard, les plaies sont toujours ouvertes pour ceux qui ont fait le choix de revenir.

Si au moment de la projection, plusieurs spectateurs ont pris la porte, lassés sans doute, par les longs silences et la quasi-absence de dialogues, ceux qui sont restés en sont sortis bouleversés, à l’image de cet homme, qui a pris le public par surprise en déclarant au micro :

"Je suis un témoin de Oued Allel. J’ai moi-même survécu à une tentative d’assassinat avant de prendre le chemin de l’exil. J’ai trouvé le film très juste, merci."

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