Ce prof d'anglais trouve dans la rue des lettres d'amour datant de 1939

Publication: Mis à jour:
Imprimer

HISTOIRE - L'amour vainc tout, dit le proverbe. Y compris le temps. C'est ce que prouve l'histoire vécue, et rapportée, par William, professeur d'anglais en collège, et bien plus connu sous son pseudonyme Monsieur le Prof. "Hier matin, en allant au boulot, j'ai remarqué un petit tas de lettres parmi tous les déchets déposés au coin de la rue", racontait-il sur son compte Facebook le 6 septembre dernier.

Au total, une trentaine de lettres, soigneusement calligraphiées. Elles racontent la romance vécue entre une jeune femme à Paris et son "chou chéri" qui faisait son service militaire à Bordeaux. "Elles datent toutes de mars 1939, précise le professeur, ils s'écrivaient plusieurs fois par jour." Plus de 25.000 personnes ont réagi à la publication sur Facebook.

"Je n'ai pour l'instant eu le temps que d'en lire vraiment une, et d'en parcourir rapidement 2 ou 3 autres, parce qu'elles ne sont vraiment pas faciles à déchiffrer", témoigne-t-il. Surtout, en ces temps de rentrée scolaire, il préférait se dédier à ses élèves. Ce qui ne l'empêche pas de se donner une mission : retrouver les héritiers des deux amants.

Une mission facilitée par son audience. Star des réseaux sociaux, Monsieur le Prof est suivi par plus de 240.000 personnes sur Facebook, 285.000 sur Twitter, où il partage anecdotes de son quotidien de professeur, et remarques sarcastiques. Un "gentil troll", comme il se décrivait lui-même dans le portrait que lui dédiaient Les Inrocks.

A peine quelques heures après avoir posté sa publication, il est contacté par une internaute, qui a retrouvé l'héritier des deux amants. Le soir-même, il appelle donc celui qu'il pense être leur petit-fils, en vérité leur neveu. La personne qui vivait dans l'appartement est décédée il y a quelques années, a-t-il expliqué. C'est quelqu'un de plus éloigné qui a hérité de la maison, l'a mise en vente et l'a fait vider de ses derniers effets.

Ce dimanche 10 septembre, le professeur d'anglais et le neveu ont ainsi pu se rencontrer, pour échanger les lettres. "On a pu bien confirmer qu'il s'agissait des lettres d'amour envoyées par sa tante à son oncle, avant leur mariage", rassure Monsieur Le Prof. Qui a pu en apprendre plus sur cette romance d'avant-guerre.

"Ils vivaient en 1939 une relation à distance, car celui-ci faisait son service militaire du côté de Bordeaux", raconte-t-il ainsi. Avec une seule obsession : pouvoir enfin se marier. Et malgré le contexte de l'époque, ils ont pu le faire avant même le début de la seconde guerre mondiale. "Ils ont vécu ensemble jusqu'à leur mort, il y a quelques années", témoigne le professeur.

Les deux hommes étaient émus, dit-il, de pouvoir sauver ce petit morceau de mémoire familiale. Et cela d'autant plus que le neveu en question est passionné de généalogie. Une histoire touchante, sur laquelle le professeur d'anglais se permet de philosopher : "On naît, on vit, on meurt, [...] les témoignages de notre jeunesse et de notre fougue sont balancés comme de vulgaires déchets, pour faire place aux nouveaux arrivants".

Avant de conclure dans sa seconde publication, plus optimiste : "Cette histoire d'amour a vaincu la distance, la guerre, et l'oubli".

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.