Les deux militants mozabites en voie d'extradition d'Espagne accusés de "terrorisme"

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Les autorités espagnoles ont répondu vendredi positivement à la demande de l'Algérie d'extrader deux militants pour l'autonomie du M'zab, Khoudir Sekkouti et Salah Abbouna, objets de mandats d'arrêt internationaux.

L'Etat algérien les accuse de "terrorisme", selon Me Salah Dabouz, l'avocat du militant Kamel Fekhar. Cette information est confirmée par le journal espagnol LaVanguardia, qui cite des sources judiciaires espagnoles.

Relevons que la première accusation, comme rapportée par la presse algérienne, faisait état non pas de "terrorisme" mais "d'incitation à la violence contre l'Etat et l'Unité nationale sur les réseaux sociaux entre 2013 et 2016".

Khoudir Sekkouti, 45 ans et Salah Abbouna, 36 ans, sont deux militants "cadres" du Mouvement pour l'Autonomie du Mzab qui s'étaient exilés au Maroc en octobre et novembre 2015. Ils faisaient l'objet de mandats d'arrêt internationaux, en vertu desquels ils ont été arrêtés en juillet dernier par les autorités espagnoles dans la ville de Melilla, où ils avaient l'intention de demander l'asile politique.

Vendredi, le Conseil espagnol des ministres a donné son accord pour l'extradition des deux militants vers l'Algérie, ont annoncé des médias espagnols.

La presse algérienne explique que Khoudir Sekkouti et Salah Abbouna sont accusés "d'incitation à la violence contre l'Algérie", d'avoir pris part à des "activités contre le gouvernement" et d'avoir publié sur les réseaux sociaux, entre 2013 et 2016, "des propos incitant ouvertement à la violence contre l'Etat et l'Unité nationale".

Mais LaVanguardia, citant des sources judiciaires espagnoles, expliquent que les deux militants sont plutôt recherchés pour ... "terrorisme". Une information confirmée par Salah Dabouz, avocat du militant Kamel Fekhar, dans un post Facebook publié ce matin en réaction à la prochaine extradition de M. Sekkouti et M. Abbouna.

Me Dabouz a ainsi affirmé que les deux militants ne sont pas accusés '"d'incitation à la violence contre l'Algérie" mais de "terrorisme". "La demande d'extradition de la part des autorités algériennes s'est basée sur le fait qu'ils sont des terroristes et l'Algérie s'est référée aux accords internationaux de lutte contre le terrorisme", a-t-il écrit.

Suite à leur arrestation en juillet à Mellila, le Mouvement pour l'Autonomie du Mzab a affirmé dans un communiqué que les mandats d'arrêt étaient "basés sur des accusations graves non fondées et un dossier vide, fabriqué".

Signé par le président du mouvement, Mohammed Dabouz, le communiqué expliquait que les autorités algériennes cherchaient plutôt à "limiter les activités pacifiques de ces deux militants à l’étranger, suite à la pression d'organisations internationales des droits de l’homme, subie par les autorités algériennes, concernant les violations des droits de l’homme en Algérie d’une façon générale et particulièrement au Mzab".

Sit-in à Paris et à Rabat

Hier, un rassemblement de soutien à Khoudir Sekkouti et Salah Abbouna, mené par Mohamed Dabouz a eu lieu devant l'ambassade d'Espagne à Paris. L'Assemblée mondiale amazighe, dont Khoudir Sekkouti est vice-président, a de son côté appelé hier à un sit-in ce jeudi 14 septembre, cette fois-ci devant l'ambassade d'Espagne à Rabat au Maroc.

Ce matin, le président de cette Assemblée, Rachid Raha, a exigé lors d'une conférence de presse animée à Melilla la libération des deux militants, rapporte encore La Vanguardia.

Il a affirmé que la "vraie raison de ce mandat d'arrêt était politique", liée au militantisme pacifique des deux personnes pour les droits des Berbères du M'zab.

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