L'AMDH s'inquiète du sort de mineurs marocains squattant le port de Béni Ensar

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NADOR
Photos NadorCity.
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ENFANTS - L'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) tire la sonnette d'alarme sur la situation de jeunes marocains au port de Béni Ensar, près de Nador. L'association a publié sur sa page Facebook un texte alertant le gouvernement marocain sur la situation de ces mineurs.

"Ils restent dans ce port pour espérer passer en Europe par le biais des bateaux ou camions de marchandises", explique au HuffPost Maroc Omar Naji, membre de la section de Nador de l'AMDH.

Pour lui, cette situation est d'autant plus désolante en cette période de rentrée scolaire. "Alors que nous devrions attendre ces enfants sur les bancs de l'école, ils sont dans un port à essayer de partir en Europe", regrette-t-il.

Dans des images publiées par le média local Nador City et relayées sur Facebook par l'association, on voit ces garçons, parfois très jeunes, dormir dans le port avec des filets de pêche comme seule couverture:

Des garçons qui viennent de "toutes les régions du Maroc", selon le responsable de l'AMDH. Ils seraient entre 200 et 300 dans cette ville à attendre une occasion pour atteindre le continent européen, livrés à eux-mêmes. "Il y a un centre d'accueil pour eux dans la ville mais pour l'instant, il n'y a que cinq garçons qui y vivent. Le reste ne dispose d'aucune aide de la ville. Ils vivent de mendicité et se débrouillent comme ils peuvent. Ils sont vraiment décidés à partir", ajoute-t-il.

Un cas qui n'est pas inédit dans ce port, qui depuis plusieurs années voit passer des centaines de jeunes candidats à la migration clandestine. "Ils étaient même plus nombreux au cours de l'année, mais beaucoup ont atteint l'Europe ou l'enclave espagnole voisine de Melilla. Deux jeunes sont morts pendant la traversée", déplore-t-il.

Une arrivée chaotique en Europe

Les médias espagnols, de leur côté, rapportent une augmentation du nombre d'arrivées de mineurs marocains sur les côtes ibériques. Selon le site ABC, qui cite la vice-présidente de l'association Algeciras Acoge, celle-ci a "remarqué une augmentation importante des mineurs marocains. Ils viennent généralement cachés dans le fond des camions, au risque de leur vie".

Les médias européens se font également de plus en plus l'écho de la situation parfois désespérée de ces mineurs dans les villes européennes. Parmi les cas les plus médiatisés, celui de jeunes marocains arrivés jusqu'à Paris qui errent dans les quartiers nord de la capitale. En Suède aussi les autorités ont dû faire face à ces jeunes, livrés à eux-mêmes, qui sombrent parfois dans la drogue et les petits larcins.

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