Southbridge Gate: la version de Boutaleb mise à mal par de nouvelles preuves

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BOUTALEB LAMIA
AIC Press
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MICMAC - Rebondissement dans l'affaire Southbridge. Après un démenti aussi court que catégorique du ministère du Tourisme, deux nouveaux éléments viennent remettre en doute les arguments du département de Sajid et de sa secrétaire d'Etat, Lamia Boutaleb.

Le premier est donné par Maghreb Confidentiel. Le site d'information, premier à avoir levé le lièvre, a publié aujourd'hui une correspondance datant du 29 août qui affirme que le travail du secrétariat d'Etat du Tourisme avec le cabinet Southbridge "ne fait que commencer". Un mail envoyé par Abdellah Benmansour qui n'est autre que le chef de cabinet de Lamia Boutaleb, elle-même en copie de la missive.

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Cette correspondance rend plausibles les affirmations selon lesquelles le marché public de la révision de la Vision 2020 allait être attribué au cabinet Southbridge A&I, créé dans la foulée par Hassan Belkhayat, parent de l'ancien ministre Moncef Belkhayat et également membre du parti de la colombe.

L'habitude du business "en famille"

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que "des membres du RNI ont attribué des contrats à des proches" souligne le média. Ainsi, "Moncef Belkhayat avait fait parler de lui en 2011 lorsque, ministre de la Jeunesse et des Sports, il avait confié un contrat à Bull Maroc, dirigé par un parent par alliance, Mehdi Kettani".

Sans parler de l'affaire datant de 2015 mettant en cause Rachid Talbi Alami. Alors président de la première Chambre, Talbi Alami avait "confié un important marché informatique à Corporate Software, société où son conseiller aux affaires numériques, Yassine el-Bahlouli, avait longtemps été directeur du développement", ajoute Maghreb Confidentiel.

La révélation met, en tout cas, la secrétaire d'Etat dans une position délicate, surtout après "l'offensive médiatique simultanée organisée par les réseaux de son parti (RNI) pour voler à son secours". Car, à en croire Maghreb Confidentiel, le communiqué du 4 septembre n'a pas été diffusé aux médias par les services de presse du ministère, "mais par OL Consulting, cabinet de relations publiques dirigé par l'influente communicante Laila Ouachi".

Le jour même, "l'ancien président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), Saïd Tahiri, a utilisé cette casquette pour défendre Lamia Boutaleb sur les ondes d'Atlantic Radio (Eco-Medias) sans, toutefois, préciser qu'il était un membre encarté du RNI, sous les couleurs duquel il a été élu en 2015 à la tête de l'assemblée provinciale de Midelt".

La profession écartée des consultations

Le deuxième élément émane des professionnels du secteur touristique. Contacté par le HuffPost Maroc, le vice-président de la CNT, Fouzi Zemrani, a affirmé que les professionnels "n'avaient pas eu leur mot à dire quant à la sélection du cabinet qui allait accompagner le ministère" dans l'élaboration d'une révision de la stratégie Vision 2020 contrairement à ce qui a été affirmé dans le communiqué du département de Sajid.

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Zemrani reconnait, toutefois, que la Confédération n'a pas demandé non plus à être impliquée. "De toute façon, quel que soit le cabinet retenu, il devra forcément nous consulter avant d'élaborer sa stratégie et remettre son rapport", estime-t-il.
En attendant, les opérateurs préparent leur réponse. "Nous travaillons depuis quelques mois sur une liste de propositions qu'on transmettra vers la fin du mois de septembre au ministère. Elle schématisera le point de vue des professionnels du secteur pour recadrer la vision 2020", a déclaré le vice-président.

Il n'empêche que plusieurs zones d'ombres persistent, alimentées par le mutisme entêté de la secrétaire d'Etat et de son ministre de tutelle. Contactés à plusieurs reprises par le HuffPost Maroc, aucun des deux n'a donné de suite à nos sollicitations.

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