Entre manque d'hygiène et mauvais traitement, le calvaire des pèlerins tunisiens au hajj

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Pour un hajj qui coûte au moins 9510 dinars, pour certains les économies d'une vie, c'est cher payer pour certains pèlerins tunisiens qui ont bien galéré cette année encore, notamment à Mina. Égarés, lésés, l'expérience a été jonchée de mésaventures pour beaucoup.

Malmenée, cette Tunisienne raconte à Nessma tv son calvaire et celui de plusieurs comme elle: "La vérité on a vécu un supplice. À Mozdelfa, on nous a dit qu'on allait faire une prière collective, nous sommes allés mais nous n'avons trouvé personne. Nous avons attendu 4h l'arrivée d'un bus pour nous transporter. À Mina, le guide nous a laissés, il nous a juste dit qu'il fallait aller tout droit puis se tourner à droite comme s'il s'agissait d'un quartier dans notre pays ! Nous étions égarés. Quelqu'un qui a reconnu nos badges est venu à notre secours", a-t-elle déploré. (vidéo-ci-dessous)

Et d'ajouter: "N'en parlons pas de l'état du camp, de la saleté et des gens affamés", s'est-elle indignée.

Une situation jugée "catastrophique" par Adel Nasfi, président de l'association "Dhouyouf Arrahmane" qui a expliqué sur les ondes de Mosaïque FM que cette année encore "le pèlerin tunisien a été humilié au camp de Mina". Et d'ajouter: "Les conditions minimales d’hygiène étaient inexistantes. Les pèlerins étaient laissés sous un soleil de plomb et beaucoup d’entre eux n’ont pas eu l'accès aux toilettes qu'après deux ou trois jours". Il a expliqué que camp contenait 10300 pèlerins alors que sa capacité d’accueil était 7500 personnes.

Le hajj des VIP qui ont dépensé 25 mille dinars par personne n'était pas mieux: Ils n'avaient le choix que "de dormir sous un pont et sur des cartons".

Adel Nasfi fustige le fait que malgré les promesses d’amélioration des conditions de pèlerinage face à l'augmentation de son coût, rien n'a été fait.

Du côté tunisien, le nombre des accompagnateurs était insuffisant, selon Adel Nasfi. Il a avancé que pour les femmes par exemple, il y avait 10 accompagnatrices pour 5000 femmes.

Le représentant de "Dhouyouf Arrahmane" appelle les pèlerins à porter plainte contre les autorités saoudiennes. Il a annoncé par ailleurs que l'association a lancé une procédure en la matière en Tunisie.

Pour lui, le ministère n'est pas apte à évaluer la situation et que c'est aux pèlerins de le faire, tout en se félicitant du fait que les autorités ont admis cette fois-ci les manquements en demandant de revoir les conditions de pèlerinage.

Cette situation chaotique a été reconnue, en effet, par Samir Ben Nassib, responsable au ministère des affaires religieuses qui a affirmé à la TAP que les pèlerins tunisiens ont fait face à plusieurs difficultés. Il a expliqué que l’espace réservé par les autorités saoudiennes aux pèlerins tunisiens à Mina était exigu et ne pouvait pas contenir la totalité des pèlerins. Ces problèmes ne concernent pas seulement les pèlerins tunisiens mais à toutes les autres délégations.

Selon le responsable, les autorités saoudiennes ont été contraintes de réduire les espaces réservés aux différentes délégations de pèlerins vu l’exigüité des lieux et le nombre sans cesse croissant de pèlerins.

À noter que le bilan des Tunisiens décédés s'élève à cinq, a annoncé le ministère des Affaires religieuses dans un communiqué rendu public, le 6 septembre.

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