"Black-out", infrastructures détruites... la mission (presque) impossible qui attend les secours après le passage d'Irma

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IRMA - Les Antilles se réveillent dans le chaos ce jeudi 7 septembre. Après le passage de l'ouragan Irma, qui a fait au moins huit morts, et ravagé "à 95%" Saint-Martin et la petite île de Barbuda, le travail des secours s'annonce plus que difficile. De nombreuses infrastructures ont été détruites, notamment à Saint-Martin et Saint-Barthélémy, où les aéroports sont hors-service.

Comme le rapporte RTL, l'armée française a été mobilisée dans la nuit de mercredi à jeudi, et des hélicoptères Pumas ont été envoyés pour déblayer les pistes. Ce jeudi, la ministre française des Outre-Mer, Annick Girardin, a annoncé qu'un avion cargo militaire se rendra à Saint-Martin, où une piste de l'aéroport a pu être dégagée, relate France Info.

Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur français, a également indiqué sur France Info que "deux frégates ont été détournées et vont croiser au large de Saint-Martin et Saint-Barthélemy" afin d'acheminer les secours. Les premiers transports achemineront "de la nourriture, de l'eau, et un certain nombre de tentes, car les maisons sont détruites. Il va falloir construire un certain nombre de camps de fortune", a-t-il précisé.

L'aéroport de Saint-Martin


Une situation de 'black-out'

Mercredi à 23 heures, Annick Girardin a décollé pour la Guadeloupe à bord d'un avion de la sécurité civile. 60 militaires de la sécurité civile, 60 sapeurs-pompiers d'Île-de-France, 18 personnels de la Croix-Rouge et 20 médicaux l'accompagnaient. Selon France Info, ceux-ci vont permettre la mise en place d'un centre opérationnel depuis la Guadeloupe. "Tous les bâtiments de Saint-Martin ont été touchés" a la ministre lors de son atterrissage ce jeudi matin.

Stéphane Cazatti, responsable des opérations à la Croix-Rouge explique à France Info: "On est dans une situation de 'black-out. On a le matériel nécessaire pour ouvrir des centres d'hébergement d'urgence".

Les "énormes difficultés" des pompiers sur place

Egalement interrogé par France Info ce jeudi, Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France, relate les difficultés majeures rencontrées par les pompiers sur place:

"Les pompiers de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont une caserne complètement inopérante, détruite, inondée. Ils ne sont pas blessés mais ont énormément de difficultés pour intervenir. Ils n'ont pas de véhicules utilisables et en plus les voies ne sont pas praticables. Ils intervenaient, ils travaillent, ils ne restent pas les bras croisés mais avec d'énormes difficultés."

Les voies maritimes et infrastructures portuaires sont également inacessibles. Selon Le Point, l'usage du bateau est aussi interdit: la hauteur des vagues est supérieure à cinq mètres. "Seul un navire d'une bonne taille pourra traverser dans la mer démontée, mais des quais accessibles et des grues seront nécessaires pour le décharger".

L'organisation de l'aide humanitaire

Mercredi soir, le gestionnaire d'électricité Enedis a indiqué l'envoi d'une centaine de groupes électrogènes aux Antilles privées d'électricité.

La Croix-Rouge demande également l'aide urgente de bénévoles, dans un communiqué publié sur son site internet.

"Le dispositif de réponse aux urgences et situations d'exception de la Croix-Rouge française a été déclenché plusieurs jours avant le passage de l'ouragan. La Plateforme d'Intervention Régionale Amériques Caraïbes (PIRAC) de la Croix-Rouge française, basée en Guadeloupe, est en première ligne et se tient prête à agir. En France, des équipes ont été mobilisées en urgence pour rejoindre Point-à-Pitre. Les météorologues ne prévoient aucune accalmie dans les jours qui viennent. La situation d'urgence risque donc de se prolonger", prévient-elle.

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