De nouvelles images du président Bouteflika tandis que les appels à appliquer l'article 102 se multiplient

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BOUTEFLIKA
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De nouvelles images du président Abdelaziz Bouteflika ont été diffusées mardi 6 septembre, les premières depuis le précédent Conseil des ministres en juin dernier sur fond d'inquiétudes sur sa capacité à accomplir ses prérogatives et d'appels de plus en plus insistants à appliquer l'article 102 de la Constitution sur l'état d'empêchement.

Le chef de l'Etat est apparu au premier Conseil des ministres depuis la désignation d'Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement, tenu mercredi. Dans les images diffusées par la télévision gouvernementale, M. Bouteflika a été visible pendant une trentaine de secondes. A l'image de ses rares apparitions publiques depuis son accident vasculaire cérébral en avril 2013, le président n'a fait aucune déclaration durant ce Conseil.


Au moment où le Conseil de ministres se tenait sur les hauteurs d'Alger, quelques activistes ont tenté de tenir un sit-in devant la Grande Poste au cente de la capitale. Ils ont porté des t-shirts où il y a écrit "Article 102" et ont été arrêtés par la police avant d'être relâchés plus tard dans l'après-midi.




Le parti Jil Jadid, dont le président Sofiane Djilali a appelé récemment à l'application de l'article 102, a de son côté mené une campagne dans les rues d'Alger pour sensibliser les citoyens sur le contenu de cet article et la nécessité de son application.



Face à la pression, les fidèles du chef d'Etat l'ont défendu lundi. Le secrétaire général du FLN a affirmé que la santé de M. Bouteflika est "ordinaire" et a appelé les journalistes à "laisser le président tranquille". Le président du Sénat Abdelkader Bensalah a pour sa part attaqué les partisans de l'application de l'article 102, estimant qu'ils "servent leurs propres intérêts et ceux de l'étranger".

L'article 102 de la Constitution explique les modalités de constater l'état d'empêchement du président de la République "pour cause de maladie grave et durable". Lorsque le chef de l'Etat se trouve dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, explique le texte, " le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement".

Des spécialistes du droit estiment que l'application de l'article 102 est impossible vu qu'il exige un avis unanime du Conseil Constitutionnel. Dans ce dernier siègent 3 membres désignés par Abdelaziz Bouteflika et il est peu probable, estime-t-on, qu'ils mettent en application la procédure vu leur fidélité au président.

D'autres, comme le professeur de droit Noureddine Nemouche, affirment que l'institution présidée par Mourad Medelci bloque illégalement la procédure. Elle "refuse d’appliquer un ordre du peuple algérien qui l’oblige à statuer sur le cas du Président, dont la maladie est avérée", a-t-il affirmé dans des propos rapportés par le quotidien El Watan.

A la fin du Conseil des ministres, l'agence de presse officielle a annoncé l'adoption du plan d'action du gouvernement et de plusieurs lois et décrets.

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