Égalité en héritage: Caïd Essebsi conteste un glissement religieux du débat et tacle les oppositions de gauche

Publication: Mis à jour:
ESSEBSI
Anadolu Agency via Getty Images
Imprimer

SOCIÉTÉ- Dans une interview accordée au journal "Essahafeh", parue mercredi 6 septembre, le président de la République Béji Caïd Essebsi revient sur la polémique engendrée par son appel à établir l'égalité en héritage ainsi que la levée de l'interdiction du mariage de la femme tunisienne avec un non-musulman en insistant sur le fait que son appel "s'intègre dans ses prérogatives conférées par la Constitution en l'occurrence, la consécration du principe constitutionnel de l'égalité absolue entre tous les citoyens".

Et d'ajouter: "Il est de mon devoir de soulever les vices juridiques qui ne sont pas conformes ou qui sont contradictoires avec un principe constitutionnel garantissant un droit humain".

À la vague d'indignation suivant son appel, notamment émanant de l'institution religieuse comme Al Azhar en Egypte, le président de la République rétorque: "Moi je ne livre pas des fatwas mais je propose des réformes à caractère civil et non de la jurisprudence islamique ("fiqh" en arabe) (...). Ceci est en harmonie avec la grandeur de la tradition réformatrice de la Tunisie".

LIRE AUSSI: Pour le mufti d'Australie, "ce que fait actuellement la Tunisie, c'est un retour vers l'Islam véritable" (VIDÉO)

Béji Caïd Essebsi estime d'ailleurs que vouloir immiscer la religion dans ce débat est une tentative de le détourner de l'argumentation profane et civile, pointant du doigt le conservatisme qui sape les réformes aussi bien politiques et économiques que sociétéales.

Il est à noter que l'appel du président de la République a été accueilli avec hostilité ou esquive notamment de la part des figures du parti Ennahdha, ceux qui arguent qu'en la matière "les préceptes constants qui ne demandent pas d'interprétation".

L'opposition est issue également de composants de tradition gauchiste à l'instar du secrétaire général de l'UGTT Noureddine Taboubi, pour qui la question de l'égalité en héritage "n'était pas une priorité".

Caïd Essebsi ne manque pas de tacler cette dernière: "Autant je ne suis pas étonné par les oppositions prétextant des interprétations religieuses, autant je n'arrive pas à trouver une explication à certains qui érigent la question de l'égalité en élément essentiel de leur vision politique mais qui s'opposent seulement parce que la question est posée par d'autres qui sont en désaccord politique avec eux (...). Pour moi ma foi en l'égalité absolue entres les sexes ne se mue pas selon les conjonctures politiques, elle est une conviction profonde, intellectuelle et politique", a-t-il conclu.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.