Le festival Tanjazz de retour dans la ville du détroit du 14 au 17 septembre

Publication: Mis à jour:
JAZZ
Tanjazz
Imprimer

MUSIQUE - Le festival Tanjazz fera vibrer la ville du détroit du 14 au 17 septembre. Après avoir rendu hommage aux femmes du jazz lors de sa précédente l’édition, c’est au tour des jeunes talents de briller sous les feux des projecteurs. Pour fêter son 18e anniversaire, quoi de mieux qu'un vent de fraîcheur pour les cinq scènes musicales du festival, sur lesquelles se produiront plus de 120 chanteurs et musiciens pendant les 55 concerts prévus.

"On voulait faire découvrir au public les nouvelles voix du jazz, qui seront peut-être les têtes d’affiche de demain", explique au HuffPost Maroc, Philippe Lorin, directeur du festival Tanjazz. Ce sont, néanmoins, des artistes confirmés que Lorin, également directeur artistique de l'événement, est allé chercher dans différents festivals dans le monde. "J’ai pu écouter ces artistes en voyageant, en recevant des candidatures, mais aussi en parcourant la toile, comme tout le monde", raconte-t-il.

Au programme

Les spectateurs pourront danser aux rythmes de la Nouvelle-Orléans grâce à un programme riche et des artistes venus d’ici et d’ailleurs, comme la trompettiste et chanteuse espagnole de 18 ans Rita Payès, qui ouvrira le bal sur la scène BMCI Palais, le pianiste et chanteur croate, Daniel Čačija, ou encore le quatuor de Janis Peruzzi, dont la composition allie les rythmes de jazz aux sons orientaux.

Les Tangérois pourront également se délecter des voix de la Marocaine Teema et de la Néerlandaise Noam Vazana, dans un duo en arabe et en hébreu qui ne laissera pas insensibles les adeptes de la musique.

D’autres artistes sont attendus notamment, en tête d’affiche, l’auteure compositrice et interprète d’origine maroco-syrienne, Samia Tawil, aux influences à la fois RnB et funky, le duo autrichien Michaela Rabitsch et Robert Pawlik, le groupe Nicolle Rochelle & Hot Antic Jazz Band et bien d’autres encore qui fêteront avec le public le passage à la majorité de Tanjazz.

Mais il n’y a pas que des concerts à Tanjazz, puisque la finale du concours Tanjil, organisé pour la troisième fois par l’espace culturel Tabadoul, aura lieu en parallèle avec le festival. Mission: donner une chance aux débutants de se faire connaître auprès du public. "Aucun d’entre eux ne fait du jazz, mais il nous a semblé normal, dans notre démarche, d'apporter un soutien aux jeunes musiciens pour se faire connaître et améliorer leur performance", déclare Le directeur du festival. "Les lauréats seront accompagnés, par la suite, et bénéficieront de MasterClass. Ils pourront même enregistrer un disque", précise-t-il.

Budget serré

Sur le plan financier, le festival Tanjazz n’a eu besoin que de 3 millions de dirhams pour monter cette édition. De plus, Renault, un des plus gros sponsors du festival, s’est rétracté en 2016, préférant se tourner vers le sport en finançant le club Ittihad Riadhi de Tanger (IRT), regrette Philippe Lorin. Ce dernier n'hésite d'ailleurs pas à dénoncer le manque de moyens dont souffre Tanjazz: "Depuis deux ans, on a une situation un peu tendue, mais on survit, on est toujours là", confie-t-il. "Plusieurs personnes travaillent bénévolement dans le cadre de ce festival, mais une gestion très rigoureuse du budget est également nécessaire", explique le directeur qui dit porter, dans ce but, différentes casquettes à la fois dans la communication et la gestion du festival.

Encore du chemin à faire

Si le Jazz est apprécié par le public marocain et représente le cœur de deux autres grands festivals au Maroc, le festival Jazzablanca dans la capitale économique et le Jazz au Chellah à Rabat, il reste, pourtant, très peu joué par les musiciens locaux. La liste d’artistes de Tanjazz ne comprend, cette année, que deux artistes d’origine marocaine (Samia Tawil et Teema).

"On dit souvent que le jazz est le plus savant des musiques populaires et le plus populaire des musiques savantes. Il nécessite donc une vraie connaissance musicale qui demande beaucoup de travail et une grande part d’improvisation. Mais pour improviser, il faut bien connaître la musique", explique Lorin. Le directeur de Tanjazz garde espoir, toutefois, quant à la place du jazz sur la scène musicale marocaine: "Des Marocains qui jouent du jazz, il y en a évidemment, mais ils le font plus en solitaire, chacun joue d’un instrument. Ça viendra donc, peut-être, un jour…".

LIRE AUSSI: