Affaire Hamid El Mahdaoui: le comité de soutien observera deux sit-in à l'ouverture du procès en appel

Publication: Mis à jour:
SITIN
badil.info
Imprimer

SOUTIEN - Reconnu coupable d’"incitation d’individus à commettre des délits par des discours et des cris dans des lieux publics", Hamid El Mahdaoui, rédacteur en chef et directeur du site d'information "Badil.info", avait été condamné, le 25 juillet dernier, à trois mois de prison ferme assortie d’une amende de 20.000 dirhams. Lundi 11 septembre, c'est le procès en appel de cette condamnation par le tribunal de première instance d'Al Hoceïma qui s'ouvrira à la Cour d'appel relevant de cette même juridiction.

Pour contester à nouveau le procès dont a fait l'objet Hamid El Mahdaoui, le comité de soutien aux journalistes détenus a annoncé la tenue de deux sit-in. Dans un communiqué, ce dernier précise qu'il compte observer un sit-in devant la cour d'appel d'Al Hoceima, lundi à 9h, tandis que le second est prévu à Rabat, le jour même, devant le parlement à 18h30. Le comité compte sur une grande mobilisation en appelant "les journalistes, défenseurs des droits de l'Homme et toutes les forces démocratiques, politiques, syndicales et civiles" ainsi que le grand public à s'y joindre.

Pour le comité de soutien, dont le coordinateur n'est autre que le célèbre journaliste Khalid Jamai, Hamid El Mahdaoui a fait l'objet d'un "procès inéquitable". "La rapidité avec laquelle il a été arrêté, inculpé et condamné mérite d’être qualifiée de record mondial. C’est une première dans les annales", avait déclaré Khalid Jamai, lors d'une conférence de presse tenue le 8 août.

Procès contre "la liberté de la presse"

C’est "la liberté d’expression" et "le droit à l'information" qui sont visés, a soutenu le comité pour qui les poursuites engagées contre les journalistes dans le cadre du code pénal et non du code de la presse est une preuve en soi. "Ils ont été poursuivis dans le cadre du code pénal et non le code de la presse, qui ne prévoit pas de peines privatives de liberté. C’est, pour nous, arbitraire, une tentative de punir ceux qui couvrent le Hirak du Rif et d’interdire les caméras qui dénoncent la censure", avait souligné la coordinatrice adjointe du comité, Khadija Ryadi à la même occasion.

La soeur de Hamid El Mahdaoui, Asmae El Mahdaoui, et sa femme, Bouchra El Khounchafi, lui rendent régulièrement visite. Son état de santé, d'après elles, suscite l'inquiétude. "Mon frère souffre de démangeaison en raison de l'absence d'aération dans la cellule et de lumière de soleil. Il souffre aussi sur le plan dentaire et oculaire", confient-elles au HuffPost Maroc. Sa femme, qui lui a rendu visite, jeudi dernier, nous précise qu'elle avait donné au directeur de la prison de Oukacha l'avis de son médecin, pour que Hamid El Mahdaoui puisse bénéficier de consultations au cours de sa détention. "J'ai également remis au directeur de la prison d'Al Hoceima un rapport médical sur ses problèmes dentaires. J'espère qu'il sera soigné", souhaite Bouchra El Khounchafi.

Dans un communiqué, l'administration de la prison de Oukacha a déclaré que "Le détenu Hamid Mehdaoui, lors de sa présence dans cette prison, a bénéficié de plusieurs consultations auprès du médecin de l’établissement pénitentiaire et de soins nécessaires pour une faible allergie dont il souffrait".

Par le même biais, elle a précisé que "le détenu a été présenté au médecin dentiste de l’établissement pénitentiaire, mais il a préféré son médecin traitant à Kénitra pour assurer son suivi". Et de souligner que Hamid El Mahdaoui séjournait "dans une cellule individuelle disposant de toutes les conditions d’éclairage et d’aération".

Derrière les barreaux, Hamid El Mahdaoui devra affronter un deuxième procès pour répondre de l'accusation de "non révélation d’attentat contre la sûreté de l'Etat". Il risque de deux à cinq ans de prison et une amende de 1.000 à 10.000 dirhams, conformément à l’article 209 du code pénal.

Il aurait reçu des appels téléphoniques d’un Marocain résidant aux Pays-Bas dans lesquels ce dernier aurait menacé "d’introduire des armes à Al Hoceima" pour "commettre un attentat au Maroc si les détenus du Hirak ne sont pas relâchés". Ce même individu aurait révélé, au cours de ces conversations téléphoniques, avoir fait don de "160.000 euros au Hirak". El Mahdaoui, qui avait été entendu, au début de cette affaire en tant que témoin, a finalement fait l’objet d'une nouvelle poursuite.

LIRE AUSSI: