En Birmanie, Aung San Suu Kyi dénonce "un iceberg de désinformation" dans la crise des Rohingyas

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AUNG SAN SUU KYI
Myanmar State Counselor Aung San Suu Kyi gives a memorial speech for Aung Shwe, former chairman of National League for Democracy (NLD) party, during his funeral in Yangon, Myanmar August 17, 2017. RETUERS/Soe Zeya Tun | Soe Zeya Tun / Reuters
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Elle est sortie de son silence. La cheffe du gouvernement birman, la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, a dénoncé, ce mercredi 6 septembre, un "iceberg de désinformation" dans la crise des musulmans rohingyas, sortant de son silence pour la première fois sur ce sujet.

"Ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d'un énorme iceberg de désinformation", a-t-elle déclaré lors d'un échange téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan publié par son service de presse.

Elle se référait à la publication de photos à l'authenticité douteuse publiées fin août par le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek, qui dénonçait un "nettoyage ethnique". Il avait retiré les photos, mais l'affaire fait scandale en Birmanie, où la majorité bouddhiste, dont fait partie Aung San Suu Kyi, accuse la communauté internationale, notamment les médias étrangers, d'avoir un parti pris pro-rohingya.

125.000 Rohingyas ont fui le pays

En onze jours, près de 125.000 personnes, pour la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin, selon les derniers chiffres de l'ONU. Les combats entre rebelles musulmans et forces birmanes ont fait depuis le 25 août au moins 400 morts, quasiment tous des musulmans.

Malgré la mise en exergue de cette affaire des photos publiées par ce ministre turc, Aung San Suu Kyi a cherché à répondre "aux inquiétudes" d'Erdogan: "Nous savons bien mieux que d'autres ce que c'est que d'être privés de droits et de protection démocratique", dans une allusion à ses années de lutte contre la junte militaire et d'assignation à résidence.

"Nous ferons en sorte que tous les habitants de notre pays voient leurs droits protégés", s'est-elle engagée, dans un premier commentaire très attendu de celle qui avait gardé le silence depuis les premières attaques fin aôut.

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