Elle a loué son studio à Paris sur Airbnb et vit un cauchemar depuis

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"Quand vous ouvrez l'appartement, vous avez l'impression qu'il y a eu un massacre à l'intérieur". Des excréments dans des sacs sous le lit, de l'urine jusqu'à en faire gondoler le parquet, un lit souillé, des objets cassés et des cadavres de bouteilles partout. Voici comment une hôte Airbnb a retrouvé son studio parisien de 13m², après l'avoir loué à un utilisateur de la plateforme au mois d'août.

Sa mésaventure, la propriétaire Laurie S l'a racontée sur Facebook pour attirer l'attention de la plateforme de réservation de logements entre particuliers, qui a mis plus d'une semaine à la recontacter après un premier appel à l'aide. Avec un post sur son profil et une page Facebook, son témoignage et ses photos sont rapidement devenus viraux. Son histoire a même été relayée par la presse au Royaume-Uni ou en Belgique.

Après plus d'une semaine de silence, la magie des réseaux sociaux a opéré. Airbnb a répondu à Laurie et est actuellement en contact avec elle. Interrogée par Le HuffPost, la propriétaire a accepté de nous confier les détails du saccage de son appartement et de l'enquête en cours.

Le studio détruit est la résidence principale de la jeune femme qui le propose en location sur Airbnb depuis deux ans lorsqu'elle s'absente de Paris pour son travail ou pour ses vacances. "J'ai dû avoir près de 30 locations et je n'ai jamais eu de problème, à part peut-être un bol cassé", se souvient cette danseuse professionnelle.

En août, elle le loue à nouveau trois semaines à un utilisateur de la plateforme. Il a un avis positif sur son profil, une photo, un "profil cohérent". Les deux échangent sur le fait que l'appartement soit non fumeur mais qu'il est possible d'y vapoter. Après plusieurs contacts, ils conviennent d'une cachette pour récupérer les clés et entrer dans le studio. Trois semaines plus tard, le 20 août, une amie de Laurie devait récupérer les clés du loueur pour son départ. Mais cela ne s'est pas passé comme prévu.

"Il a demandé une prolongation que je n'ai pas accepté. Le lendemain, on pense qu'il était toujours dans l'appartement. J'ai demandé à mon amie de ne pas prendre de risques et j'ai contacté Airbnb dans la soirée du 21 au 22 août. Malheureusement je n'ai eu aucune nouvelle d'eux jusqu'au 31 août."

"Finalement il a laissé la clé et il est parti. J'ai appris plus tard par une voisine qu'il avait été emmené par les pompiers", confie Laurie qui a retrouvé son appartement dans un état apocalyptique à la fin du mois.

"J'étais accablée, c'est tout ce que j'ai cet endroit", raconte celle qui avait récemment rénové son logement"

Outre les destructions et les bouteilles d'alcool, des antidépresseurs et des traces de sang ont été découverts sur place. Les effets personnels du loueur étaient toujours dans l'appartement. "J'ai contacté la police", explique la propriétaire inquiète. Des prélèvements ont été faits. Des papiers permettant de confirmer l'identité du loueur ont été retrouvés. Un expert mandaté par Airbnb s'est également rendu sur place pour constater les dégâts.

Depuis, une plainte a été déposée. Le loueur a contacté à nouveau son hôte, mais Laurie n'a pas donné suite car une enquête est en cours. "J'ai rendu toutes ses affaires au commissariat, maintenant je poursuis simplement mon combat pour être dédommagée", précise-t-elle.

Laurie, hébergée par ses parents pour le moment, a fait une demande de relogement à Airbnb et demande à la plateforme de location de lui avancer les frais de nettoyage de son studio. Elle attend une réponse ce mercredi matin.

Contacté par Le HuffPost, Airbnb assure appliquer "une tolérance zéro pour ce type de comportement". "Le voyageur a été banni d'Airbnb et nous apportons actuellement notre soutien à l'hôte", précise-t-on. "Notre garantie qui protège les hôtes de dégradations ou préjudices jusqu'à 800.000€, s'applique à cette victime."

"Je ne suis pas là pour faire de la mauvaise publicité à Airbnb et j'ai toujours vanté les mérites de cette plateforme. Je souhaite simplement être prise en charge", ajoute de son côté Laurie. La danseuse a d'ailleurs suggéré à la firme californienne de créer un poste pour gérer les urgences comme la sienne. "Avoir quelqu'un qui est à l'écoute et se déplace, comme un agent de sécurité, ça rassurerait les utilisateurs", dit-elle en connaissance de cause. Depuis que son post Facebook a fait le tour du Web, Laurie passe d'ailleurs beaucoup de temps à répondre aux questions d'autres utilisateurs qui cherchent à éviter de se retrouver un jour à sa place.

Se voit-elle travailler pour Airbnb après tout ça? "Pourquoi pas!", répond-elle. "Je pourrai être une bonne porte-parole avec mon histoire." Néanmoins elle ne s'imagine pas vivre à nouveau dans ce studio un jour, même après une remise à neuf et un grand nettoyage.

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