Tunisie: 7 gouvernorats déclarés sinistrés à cause de la sécheresse

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DROUGHT
Spain is on its way to its worst drought in 20 years. The marshes hold less than half of the water they can store, with 47.93% of reserves. In Leon, in the north of the country, its main reservoir barely reaches 10% on 1st September 2017. (Photo by Alvaro Fuente/NurPhoto via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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Zaghouan, Le Kef, Bizerte, Ben Arous, Siliana, Kasserine et Kairouan, sont les régions qui viennent d’être déclarées sinistrées à cause de la sécheresse qui a affecté les grandes cultures durant l’actuelle saison 2016-2017. Le gouvernorat qui a été le plus touché, est celui du Kef, où 100% des grandes cultures ont été déclarées sinistrées.

Les zones sinistrées, reconnues en vertu du décret du 29 août 2017, feront l’objet de l’intervention du fonds national de garantie (FNG) qui prendra en charge les intérêts résultant du rééchelonnement des crédits contractés par les agriculteurs.

Les agriculteurs issus des zones sinistrées, munis d’un certificat confirmant le dégât dû à la sécheresse délivrée par le commissariat régional au développement agricole (CRDA) concerné, bénéficient de ce rééchelonnement, qui s’effectue au cas par cas et ne couvre pas les agriculteurs se trouvant dans les périmètres irrigués.

Selon le même décret, les communes et les délégations du gouvernorat de Zaghouan ont été touchées à des degrés divers allant de 4 à 100%. Parmi les régions les plus affectées figure également le gouvernorat du Kef.

La récolte de céréales en Tunisie pour la saison agricole 2016-2017, s’élève à environ 17,86 millions de quintaux, soit une hausse de 33%, par rapport à la campagne 2016.

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Des facteurs multiples

Raoudha Gafrej, professeur universitaire à l'Institut Supérieur des sciences biologiques appliquées de Tunis et Alaa Marzougui, coordinateur de l'Observatoire tunisien de l'eau, et membre de l'association "Nomad08" sise à Redeyef considère "qu'avec 419 m3 par habitant/an, la Tunisie est en situation de pénurie d’eau absolue, une situation chronique qui a été accentuée ces dernières années par les effets des changements climatiques, l’augmentation des besoins mais également par la dégradation et la vétusté des infrastructures de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et des infrastructures d’irrigation et de transfert de l’eau, générant des pertes d’eau s’élevant à près de 30% des quantités transférées. D’après les données fournies par la SONEDE, 42% de ses conduites sont vieilles de plus de 25 années et doivent impérativement être remplacées."

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"Une pluviométrie défaillante ces dernières années, mais aussi et surtout un problème sérieux de gestion et de gouvernance des ressources en eau, favorisant les solutions de raccommodage et les demi-mesures, qui sont loin de régler le problème de l’eau (potable et irrigation)", a-t-il ajouté.

Plus globalement, au cours des prochaines années, les régions du Maghreb Arabe et de la méditerranée souffriront d’un déficit pluvial de 20% par rapport aux moyennes normales, ce qui aura des impacts sur leurs économies et sur les travailleurs, révèlent les résultats d’études scientifiques.

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