Sidi Bennour: Un président communal du RNI prend racine dans les affaires locales

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SIDI BENNOUR
Sidi Bennour | DR
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CONFLIT D'INTÉRÊTS - Décidément, gestion de la chose publique et affaires privées continuent de faire bon ménage. C’est le cas de la commune rurale de Lmechrek à Sidi Bennour (environ d’El Jadida), où le président du Conseil, Yassir Kandil, semble prendre racine dans les affaires locales. Élu en 2016 sous les couleurs du RNI, ce dernier s’est associé à Ahmed Kabil et Jamal Abderrahamane pour constituer la société Akmat, le 29 juin dernier, rapporte Maghreb Confidentiel.

D’après le portail Inforisk, l’entreprise est immatriculée au registre de commerce du tribunal de Sidi Bennour et opère dans la production et commercialisation des aliments de bétail, la commercialisation de tous les produits d’origine agricole, mais surtout, dans la location et l’exploitation de terrains agricoles... à Lmechrek.

Un conflit d’intérêts flagrant qui n’a pas l’air de déranger outre mesure Abdelkader Kandil, parlementaire RNIste et père de l’actuel président. "Je ne vois absolument pas pourquoi ça poserait problème. De toute façon, il [Yassir Kandil ndlr] ne possède aucun de ces terrains, vu qu’ils appartiennent au domaine de l’État", a confié le député au HuffPost Maroc.

Pourtant, la loi est claire: "Il est interdit à tout membre du Conseil de la commune d’entretenir des intérêts privés avec la commune [...] ou d’exercer, de manière générale, toute activité pouvant conduire à un conflit d’intérêts", stipule l’article 65 de la loi organique relative aux communes. Cette activité est incriminée qu’elle soit réalisée "à titre personnel", "comme actionnaire ou mandataire d’autrui" ou "au bénéfice de son conjoint, ses ascendants ou descendants", précise le même article.

Or, à en croire Michèle Zirari, juriste et professeur à la faculté de droit de Rabat, Yassir Kandil est bien en situation de conflit d’intérêts "s’il a, de par sa position, une influence quelconque sur les décisions concernant l’attribution des baux sur les terres en question".

Toujours selon la loi organique, il appartient au gouverneur de la préfecture ou de la province (ou son intérimaire) d’adresser un courrier au président pour fournir des explications écrites sur les actes qui lui sont reprochés. Les explications devront être données dans un délai de 10 jours maximum à compter de la date de réception. Le gouverneur pourra alors, après réception des explications écrites ou en leur absence passé le délai imparti, saisir le tribunal administratif pour demander la révocation du président du Conseil.

Pour rappel, la commune de Lmechrek dispose de 27 sièges communaux dont 24 sont revenus aux élus du RNI. Les 3 autres sièges sont revenus au Mouvement populaire (2 sièges) et au parti de l’Istiqlal (un siège). Élu président du Conseil pour la première fois en 2016, Yassir Kandil succède à son père après 30 ans passés à la tête de la commune. Pour l’instant, le RNI n’a pas encore réagi. Contacté à plusieurs reprises par le HuffPost Maroc, le directeur général du siège du parti n’a pas répondu à nos sollicitations.

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