Sept femmes migrantes auraient trouvé la mort au large de Melilla

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Sept femmes migrantes auraient trouvé la mort au large de Melilla | Helena Maleno Garzon/Twitter
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IMMIGRATION - Nouveau drame de l'immigration dans les eaux méditerranéennes. Selon l'ONG de défense des droits des migrants Caminando Fronteras, sept femmes migrantes originaires d'Afrique subsaharienne seraient mortes noyées au large de l'enclave espagnole de Melilla.

Jeudi 31 août, un petit bateau sur lequel se trouvaient 45 migrants aurait tenté de rejoindre la côte de Melilla, mais la Guardia Civil aurait bloqué le passage de l'embarcation, explique au HuffPost Maroc Helena Maleno Garzon, membre de l'association. Certains migrants auraient alors sauté du bateau pour essayer de nager jusqu'au rivage pour éviter leur refoulement "à chaud" par les autorités espagnoles.

13 personnes auraient été sauvées par la Guardia Civil. La marine marocaine aurait quant à elle tenté de secourir les autres en tirant le bateau avec une corde, mais celui-ci aurait chaviré et sept des huit femmes présentes sur l'embarcation seraient mortes noyées. L'ONG accuse la police espagnole d'avoir "refoulé" les migrants de ses eaux territoriales, poussant certains à sauter du bateau.

"C'est dangereux et cela va à l'encontre de la loi internationale de protection des personnes", estime la militante associative. "Ils étaient nombreux dans une embarcation qui ne remplissait pas les conditions de sécurité. Les autorités espagnoles auraient dû leur porter secours plus rapidement au lieu d'attendre la marine marocaine".

L'association professionnelle de la Guardia Civil conteste cette version des faits

Une version des faits contestée par l'association professionnelle de la Guardia Civil (APROGC), qui dément avoir "refoulé volontairement" les migrants vers les eaux marocaines. "Certaines ONG veulent influencer l'opinion publique en disant que la Guardia Civil commet des actions illégales", indique l'APROGC dans un communiqué, précisant, carte à l'appui, que les eaux au large de Melilla sont sous la responsabilité du Maroc en matière de recherche et de sauvetage maritime (zones SAR, "search and rescue").

"Dans le cas de Melilla, la responsabilité SAR se trouve au Maroc et ce sont eux qui doivent décider dans quel port et comment opérer le transfert de personnes qui ont été secourues", explique l'APROGC. "Nos collègues qui ont secouru treize immigrés d'une mort certaine et les ont déplacés en toute sécurité à Melilla doivent être traités comme des héros, pas comme des criminels", ajoute-t-elle, indiquant qu'une plainte pourrait être déposée contre Helena Maleno Garzon pour diffamation.

"Il y a un bateau de sauvetage espagnol à Melilla. Pourquoi n'a-t-il pas été activé à ce moment-là?", s'interroge pour sa part la militante associative. "Et si la Guardia Civil estime que le Maroc est responsable de ces eaux, que faisait alors un de ses bateaux dans les eaux marocaines?"

Les corps des sept femmes transférés à la morgue de Nador

La mort des sept femmes n'a pas encore été confirmée par les autorités espagnoles. "Si elle est confirmée, nous le regrettons profondément", indique la Guardia Civil.

Selon la section de Nador de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), l'hôpital de Nador aurait reçu 14 cadavres de migrants repêchés de la mer jeudi 31 août. "Parmi les morts, il y a des femmes", affirme l'AMDH sur sa page Facebook. "Apparemment, l'embarcation qui s'approchait de Melilla a été refoulée par la marine espagnole en mer" qui n'aurait prêté "aucune assistance en attendant l'arrivée de la marine marocaine", estime l'association.

Les corps de quatre femmes auraient été identifiés à la morgue de l'hôpital El Hassani de Nador, selon Helena Maleno Garzon. Les trois autres corps, qui étaient en premier lieu portés disparus, ont été acheminés samedi et dimanche à l'hôpital. Il s'agirait de cinq Congolaises et de deux femmes originaires de Guinée-Conakry.

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