Rohingyas: En pleine crise, la Birmanie bloque l'aide humanitaire de l'ONU aux civils

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ROHINGYA
Des réfugiés Rohingya à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, le 3 septembre 2017 | Reuters
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La Birmanie, dont l'armée est accusée de persécuter la minorité musulmane des Rohingya dans le pays, a bloqué l'aide humanitaire des agences de l'ONU aux victimes civiles, a rapporté lundi 4 août le quotidien britannique The Guardian.

Les nouvelles violences contre les musulmans de Birmanie ont fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de personnes se sont réfugiées au Bangladesh voisin. Mais le gouvernement de Aung San Suu Kyi, prix Nobel en 1991, a accusé les ONG d'aide humanitaire d'aider "les terroristes" et leur a interdit de distribuer de la nourriture, de l'eau et des médicaments à des civils en détresse.

En conséquence, plus de 100.000 Rohingya qui vivent dans des camps dans la région de Bakhine depuis les violences entre musulmans et bouddhistes en 2012 n'ont plus accès à l'assistance humanitaire depuis une semaine, a indiqué la même source.

Plus d'un million de musulmans vivent en Birmanie qui leur refuse le droit à la nationalité. Leur persécution dure depuis des décennies mais les dernières violences sont les plus meurtrières. Suite à une attaque d'un groupe armé Rohingya sur la police le 25 août, les représailles de l'armée birmane ont tué plus de 400 personnes.

Au Bangladesh, où 90.000 membres de cette minorité se sont réfugiés depuis fin août selon Reuters, 12 cadavres de femmes et d'enfants Rohingya présumés ont été rejetés sur le bord d'une rivière.

Aung San Suu Kyi, le leader effectif du pays, s'est attirée des critiques acerbes vu ses justifications des massacres contre les Rohingya. Le gouvernement a accusé les musulmans de mettre le feu dans leurs propres villages et a affirmé que l'armée ne faisait que défendre les civils contre "les terroristes extrémistes".

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exprimé fin août sa "profonde inquiétude" des rapports faisant état de civils tués par l'armée birmane. Le Pape François, qui a déjà critiqué le traitement réservé aux Rohingya en février dernier, a annoncé pour sa part une visite en Birmanie prévue en novembre.

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