En France, une femme meurt tous les trois jours, victime de violences conjugales

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VIOLENCE WOMEN
KatarzynaBialasiewicz
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VIOLENCES CONJUGALES - Loin de s'améliorer, les chiffres des violences conjugales augmentent. C'est le triste bilan de l'étude dévoilée vendredi 1er septembre par le ministère de l'Intérieur français: en 2016, 157 personnes (123 femmes et 34 hommes) sont mortes, victimes de leur conjoint, petit ami, compagne, amant, soit 13 de plus que l'année précédente.

Les chiffres comparables pour 2015 faisaient état de 144 victimes: 122 femmes et 22 hommes. Les femmes restent les premières victimes des violences au sein des couples: 123 femmes ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en 2016, soit une tous les trois jours, tandis que 34 décès d'hommes étaient recensés.

Au sein des couples "officiels" (conjoint, concubin, pacsé ou ex), l'étude des Directions générales de la police et de la gendarmerie, et de la Délégation aux victimes dénombre 138 décès en 2016 : 109 femmes ont été victimes de leur compagnon ou ex-compagnon, 28 hommes victimes de leur compagne ou ex-compagne, et un homme victime de son compagnon. A ces chiffres s'ajoutent 19 homicides (commis sur 14 femmes et cinq hommes) au sein de couples "non officiels" (petit ami, amant, maîtresse ou relation épisodique).

Les enfants, également victimes

Selon l'étude, menée pour la onzième année consécutive, 25 enfants, contre 36 en 2015, ont également été tués : neuf mineurs par leur père en même temps que leur mère, et 16 dans le cadre de violences conjugales, sans que l'autre parent soit tué.

Les 138 homicides dans des couples "officiels" ont engendré 12 enfants orphelins de père et de mère, 54 orphelins de mère et 22 orphelins de père. Sur les 28 femmes auteurs d'homicides commis sur leur conjoint, 17 d'entre elles étaient victimes de violences de la part de leur partenaire. Près de 37% des auteurs d'homicide étaient déjà connus des service de police ou de gendarmerie.

"Ces drames s'inscrivent trop souvent dans un contexte de violences préexistant qu'il est nécessaire de repérer (...). Il est également essentiel de protéger les enfants pour qu'ils ne soient pas témoins et ne reproduisent pas plus tard ce qu'ils ont vécu", ont déclaré dans un communiqué commun le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, et la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.

Au total, en incluant 59 suicides de la part des auteurs d'homicides et 11 victimes collatérales hors mineurs (dont 9 rivaux), les violences au sein des couples officiels et non officiels sont à l'origine de 252 décès en 2016, neuf de moins qu'en 2015.

"La prévention, la sensibilisation la plus large mais aussi la protection des victimes, notamment grâce au renforcement du dispositif Téléphone Grave danger déployé par le ministère de la Justice, qui a fait ses preuves et sauvé des vies, sont des priorités absolues pour l'Etat", ont ajouté les ministres.

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