L'Irak célèbre la reconquête de l'un des derniers bastions de l'EI

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TAL AFAR
Iraqi forces flash the sign for victory as they advance towards the al-Ayadieh area, north of Tal Afar, during the ongoing battle to oust the last pockets of Islamic State group jihadists from the area on August 30, 2017. Jihadists inside Tal Afar were believed to have fled to Al-Ayadieh, located on the road between the city and the Syrian border, where they appeared to be making a desperate last stand. / AFP PHOTO / AHMAD AL-RUBAYE (Photo credit should read AHMAD AL-RUBAYE/AFP/Getty Imag | AHMAD AL-RUBAYE via Getty Images
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Bagdad célèbre la reconquête de Tal Afar par les forces irakiennes appuyées par la coalition internationale menée par les Etats-Unis, une victoire clé contre l'organisation terroriste Etat islamique (EI).

Les forces irakiennes ont annoncé jeudi avoir reconquis Tal Afar et la totalité de la province septentrionale de Ninive.

Au terme de douze jours de combats, le Premier ministre Haider al-Abadi, commandant en chef des forces armées, a déclaré que "Tal Afar la résistante a rejoint Mossoul, la ville libre, et retrouvé sa place dans le territoire national".

Après ce revers, l'EI, qui s'était emparé de près d'un tiers de l'Irak en 2014 face à des forces irakiennes en pleine débandade, ne tient plus qu'une ville au nord de Bagdad et trois localités du désert frontalier de la Syrie, soient 10% du pays, selon la coalition.

Les responsables irakiens assuraient que la victoire interviendrait avant la fête de l'Aïd al-Adha. C'est chose faite, alors que les célébrations en Irak commencent vendredi pour les sunnites et samedi pour les chiites.

La rapidité de la bataille, lancée par des forces à peine sorties de neuf longs mois de guérilla meurtrière dans les rues de Mossoul, est "un signe positif", estime le général Andrew A. Croft, commandant en second de l'aviation de la coalition. "C'est un résultat qui prouve que les forces irakiennes sont capables d'affronter l'EI, que la stratégie de la coalition a marché".

Tal Afar est située entre Mossoul, la deuxième ville d'Irak dont l'EI a été chassé début juillet, et la frontière avec la Syrie.

Sa reprise "met fin dans les faits à la présence militaire de l'EI dans le nord de l'Irak", indiquait la semaine dernière le général britannique Rupert Jones, commandant en second de la coalition.

La reconquête totale de la province de Ninive pourrait permettre à la coalition d'accentuer la pression sur l'EI en Syrie. A la reprise de Mossoul, la coalition avait déjà redéployé ses avions pour mener environ 270 frappes dans et autour de Raqa, la "capitale" de l'EI.

"Terroristes éreintés"

La reconquête de Mossoul, "le symbole du califat, qui représentait beaucoup pour les terroristes", note un responsable militaire au sein de la coalition, avait sévèrement attaqué leur moral.

Tal Afar, assure-t-il, n'était plus défendue que par "un ersatz de force résiduelle" de terroristes "profondément déstabilisés et moralement éreintés".

Après avoir reconquis en une semaine la ville de Tal Afar, peuplée avant l'entrée de l'EI en 2014 de 200.000 habitants, les forces gouvernementales et paramilitaires irakiennes ont rencontré une forte résistance à al-Ayadieh, une localité à 15 km au nord.

C'est là que s'étaient retranchés les derniers jihadistes qui, au lancement de la bataille le 20 août, étaient "entre 1.000 et 1.400", selon le général Croft.

"Les forces irakiennes ont éliminé entre 600 et 700 combattants de l'EI", affirme-t-il à l'AFP, et "une centaine se seraient rendus".

La coalition a salué une "superbe victoire" avant de prévenir qu'il restait encore "un dangereux travail de nettoyage de tous les engins explosifs, ainsi que l'identification des combattants de l'EI en fuite et l'élimination des derniers éléments de résistance terroristes".

Après Tal Afar, restent encore quelques poches jihadistes en Irak, dont la reprise s'annonce moins aisée.

D'un côté, l'EI tient Hawija, à environ 300 km au nord de Bagdad. Sa reconquête est compliquée car la province de Kirkouk où elle se trouve est disputée entre Bagdad et le Kurdistan irakien.

Prochain objectif ?

"L'opération (de reprise) a été retardée", a ainsi indiqué le général Halgurd Hikmat, porte-parole des Peshmergas, les combattants kurdes qui ont notamment participé à la reconquête de Mossoul. Aujourd'hui, dit-il, Hawija doit être la priorité.

Bagdad se trouve toutefois devant un rendez-vous qui pourrait peser sur la décision: le référendum kurde sur l'indépendance prévu le 25 septembre.

Les terroristes sont aussi encore présents dans trois localités de l'ouest désertique frontalier de la Syrie: al-Qaïm, Rawa et Anna. La reprise de ces zones, découvertes, proches des provinces de Deir Ezzor et de Raqa, déchirées depuis six ans par la guerre en Syrie, s'annonce périlleuse.

En Syrie, l'EI est également sous le feu des combattants arabes et kurdes soutenus par la coalition à Raqa et recule face au régime dans des zones désertiques s'étendant du centre du pays à la frontière avec l'Irak.

Dans les deux pays, l'EI a perdu des milliers de combattants, que les contingents de jihadistes étrangers, aujourd'hui moins nombreux, peinent à compenser.

Malgré ces revers, il parvient encore à frapper. Il a revendiqué récemment des attentats meurtriers en Espagne et en Russie et continue de mener des attentats en Irak.

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