Traite des enfants en Tunisie, le phénomène en chiffres. Les Africains en sont les premières victimes?

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CHILDREN TRAFFIC
From left, Christy (14), Rony (10) look at the camera during a traffic signal on Thursday , July, 20 2017 in Dhaka, Bangladesh. Christy has been working as a driver for a year and Rony working around two weeks as a helperand want to be a driver soon, Rony said. According to the labour law in Bangladesh the minimum age for employment is 14 years. The enforcement of such labour law is virtually impossible in Bangladesh because most of child labourer are employed in the internal sector such as smal | NurPhoto via Getty Images
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En marge d'une session de formation organisée par l’Observatoire d'Information, de Formation, de Documentation et d'Etudes pour la Protection des Droits de l'Enfant en partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migrations en Tunisie (OIM) autour du thème "la prévention contre la traite des enfants", Lorena Lando, présidente de l'OIM en Tunisie a annoncé que 57 cas d'exploitation d'enfants ont été recensés en 2016 en Tunisie.

Le nombre de cas reste gérable

Dans une déclaration sur les ondes de Jawhara FM, la directrice générale de l'Observatoire National des Droits de l'Enfant, Hajer Cherif, a indiqué que les chiffres en Tunisie ne sont pas très alarmants bien qu'ils restent toutefois non négligeables.

Elle a également annoncé que le Délégué à la Protection de l’Enfance (DPE) avait reçu 112 signalement d'exploitation d'enfants dont 60 ont été pris en charge.

"Il est temps de travailler ensemble afin de mettre fin à ce phénomène", a-t-elle ajouté.

"Nous organisons cette session de formation à Tunis, qui sera suivie par une session au Kef et à Gafsa afin de sensibiliser la société civile ainsi que les professionnels sur l'importance de lutter contre ce phénomène, et les former aux lois relatives à la traite des êtres humains afin de mieux protéger nos enfants", a-t-elle indiqué.

Il n'y a pas de cas d'exploitation sexuelle d'enfants

Selon Hajer Cherif, les cas recensés restent pour le moment limités à de l'exploitation économique et non sexuelle, telle que le travail forcé, la mendicité par le biais de réseaux organisés, ou encore les filles travaillant dans l'aide domestique ou le secteur agricole.

Hajer Cherif a également déclaré que les femmes sont généralement plus exposées à ce danger. Elle a estimé par ailleurs que le gouvernement a commencé sa lutte contre ce fléau avec la loi relative aux violences faites aux femmes adoptée par l'ARP en juillet dernier.

Lors de la session de formation précédemment citée, Lorena Lando avait indiqué que la traite des enfants en Tunisie concerne des Tunisiens ainsi que des enfants issus de l'Afrique sub-saharienne envoyés en Tunisie à travers des réseaux de trafic, soulignant l'importance des lois et des instances de lutte contre la traite des êtres humains qui, selon elle, constituent la principale arme pour faire face à ce phénomène.

La plupart originaires de la Côte d'Ivoire

Se référant toujours aux chiffres présentés pendant la formation, 176 victimes de trafic ont été secourues entre 2012 et 2017 dont 150 originaires de la Côte d'Ivoire, 12 du Nigéria, tandis que d'autres sont Tunisiens, Bangladais, Maliens, Congolais, Camerounais, Ghanéens, Sénégalais, Philippins et colombiens. Parmi ces 176 victimes, il y a eu 152 femmes âgées de 18 à 52 ans ainsi que 7 filles de moins de 18 ans, la plupart étant répartie sur le Grand Tunis, Sfax, Gabès et Sousse.

L'enquête du Département d'Etat américain

Une autre enquête récente du Département d'Etat américain sur la traite moderne des humains dans le monde a révélé l'ampleur de ces phénomènes en Tunisie:

La jeunesse tunisienne serait sujette à différentes formes de trafic humain. Parmi celles-ci, de nombreuses filles tunisiennes, provenant pour la plupart du Nord-Ouest de la Tunisie, travaillent en tant que domestiques pour des familles riches de Tunis et des principales villes côtières.

Toujours selon la même enquête, certaines Tunisiennes auraient aussi été forcées à se prostituer sous la fausse promesse d'un contrat de travail dans des pays tels que le Liban, les Emirats Arabes Unis et la Jordanie.

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