Le Qatar assure que seules quelques dizaines de ses pèlerins ont pu se rendre à La Mecque

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KAABA
Muslim worshippers perform the evening (Isha) prayers at the Kaaba, Islam's holiest shrine, at the Grand Mosque in Saudi Arabia's holy city of Mecca on August 25, 2017, a week prior to the start of the annual Hajj pilgrimage in the holy city / AFP PHOTO / BANDAR ALDANDANI (Photo credit should read BANDAR ALDANDANI/AFP/Getty Images) | BANDAR ALDANDANI via Getty Images
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Plus de deux millions de musulmans venus des quatre coins du monde ont entamé ce mercredi 30 août le grand pèlerinage à La Mecque: un parcours en plusieurs étapes qui se déroule au cœur de la première ville sainte de l'islam et dans ses environs.

Les autorités saoudiennes ont mobilisé d'importants moyens et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité alors qu'il y a deux ans une gigantesque bousculade avait fait près de 2300 morts. Plus de 100.000 membres des forces de sécurité ont été déployés sur les différents sites du pèlerinage, selon le général Mansour Al-Turki, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Cette année, le pèlerinage est marqué par le retour des fidèles iraniens, absents l'an dernier. La bousculade meurtrière de 2015 avait fait 464 victimes iraniennes et, quelques mois plus tard, Ryad et Téhéran avaient rompu leurs relations après l'exécution d'un dignitaire chiite en Arabie et l'attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

En 2016, les pèlerins iraniens -en moyenne 60.000 tous les ans- n'avaient pas été autorisés à participer au pèlerinage, une première en près de trois décennies.

Une estimation bien éloignée des 12.000 pèlerins qatari en 2016

Le boycott imposé au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend notamment la fermeture des liaisons maritimes et aériennes, a par ailleurs empêché de nombreux Qataris de venir au hajj cette année, même si Ryad a assoupli les conditions d'entrée par la voie terrestre à deux semaines du pèlerinage.

L'Arabie saoudite et ses alliés sont en effet en pleine crise diplomatique avec le Qatar, les premiers reprochant au petit émirat gazier son soutien à des groupes extrémistes et son rapprochement avec l'Iran, grand rival régional de Ryad.

Le gouvernement qatari n'a publié aucun chiffre, mais la Commission nationale des droits de l'Homme du Qatar, liée au pouvoir, a estimé que seulement "60 à 70" pèlerins du petit émirat avaient réussi à se rendre en Arabie saoudite la semaine dernière. Les estimations sont plus élevées côté saoudien, certains médias parlant de 1200 pèlerins venus du Qatar.

Mais quel que soit le chiffre retenu, le nombre de pèlerins qataris est en chute libre, bien loin des 12.000 qui avaient fait le voyage l'année dernière, selon l'agence de presse officielle du Qatar, QNA.

Le grand rassemblement religieux intervient également à un moment où le groupe jihadiste État islamique (EI) recule dans ses fiefs irakiens et syriens mais continue à répandre la terreur, notamment au Moyen-Orient et en Europe.

Plus de pèlerins venus de l'étranger qu'en 2016

De l'esplanade de la Grande mosquée aux sept minarets, les pèlerins du hajj convergent à pied vers la Kaaba, construction cubique enveloppée d'une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d'or de versets coraniques. C'est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier et autour de laquelle les pèlerins effectuent les sept tours rituels (tawâf).

Les fidèles se rendront ensuite à Mina, à cinq kilomètres à l'est de La Mecque, où s'amassent des centaines de milliers de pèlerins avant d'entamer jeudi à l'aube l'ascension du mont Arafat, le moment fort du pèlerinage, qui doit en tout durer cinq jours.

arafat

La police saoudienne surveillent les pèlerins qui entament l'ascension du mont Arafat, en septembre 2015.

Sur l'esplanade de la Grande mosquée, appelée en arabe Masjid al-Haram (la mosquée sacrée), des brumisateurs rendent la chaleur plus supportable. Assis à l'ombre d'arbres ou de ponts en béton armé, des fidèles attendent patiemment l'appel de la prochaine prière. D'autres, plus téméraires, poursuivent leur marche, protégés par un tapis de prière ou un petit parapluie fixé sur la tête par un bandeau élastique.

Plusieurs fois dans la journée, des équipes bien rodées d'employés, majoritairement asiatiques, nettoient l'esplanade, à coups de jets d'eau.

Le pèlerinage est incontestablement une source de revenus pour le royaume saoudien. Le plan de réformes économiques "Vision 2030", dessiné dans un contexte de chute du prix du pétrole, comprend l'essor du tourisme religieux. Selon des chiffres officiels, le nombre de pèlerins venus de l'étranger est en augmentation par rapport à 2016.

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