"Ranjamo" fait la tournée des 24 gouvernorats pour orner les murs de graffitis

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GRAFFITI
RANJAMO
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Être graffeur en Tunisie ne semble pas si évident. Les graffitis, pourtant, viennent décorer les murs et les façades, et donner de la couleur aux villes et aux villages. Un art de rue, qui reste parfois mal vu...

Toutefois, Hamza, aka Ranjamo, a choisi sa vocation. Une bataille qu'il mène nuit et jour. Il s'y met corps et âme. S'il n'est pas submergé par les études, il multiplie les projets de graffitis.

"Graffiti en 24" est la nouvelle étape de sa mission. Un projet qu'il a récemment entamé.

Ranjamo fait la tournée des 24 gouvernorats, il loge chez des amis, ou des amis à ses amis, concordant avec différents centres culturels ou instituts pour réaliser ses fresques sur leurs murs, mais organise aussi des workshops.

"J'espère avec ce projet promouvoir cet art et encourager les graffeurs d'autres régions à vivre leur passion!" explique-t-il.

Après Sfax,Tunis, Beja, Djerba, Bizerte, Monastir, Sousse et Nabeul, il lui reste encore 16 villes à graffer. Mais la lutte continue, car les graffeurs, en Tunisie, comme ailleurs, doivent faire face à certaines contraintes."

Sortir de chez soi et aller graffer un mur, c'est une mission à part entière!

D'une part, c'est une affaire de famille: "Mes parents veulent que je finisse mes études en génie mécanique, et je réussis, mais ce pas ce qui me passionne le plus." raconte-t-il au HuffPost Tunisie.

Mes parents ont peur que le graffiti m'empêche de continuer mes études, mais en fait, ce sont plus mes études qui m'empêchent de vivre pleinement mon art

Pas toujours évident de sortir du système: études, diplôme, boulot. Quitter ce chemin tracé est une réelle bataille, "c'est comme enlever ses œillères et découvrir qu'il y a bien d'autres sens à la vie!" dépeint-il.

Mais Ranjamo arrive quand même à manier les deux, "finalement, l'un n'empêche pas l'autre."

Par ailleurs, d'autres obstacles se mettent sur la route du graffeur.

"Les graffeurs en Tunisie n'ont pas de statut juridique, ils ne sont pas reconnus en tant qu'artistes," s'indigne-t-il, "de plus, en Tunisie, c'est dur de trouver le matériel nécessaire, ou sinon, il est assez cher."

Ranjamo n'a pourtant pas l'intention de se détraquer, mais pourquoi a-t-il choisi ce terrain bourré de contraintes? "C'est le graffiti qui m'a choisi!" répond-t-il tout simplement.

"Chacun son style, chacun son blaze, chacun son territoire!"

Dans le graffiti, il y a des règles, il y a des valeurs... et à chacun son style. Un graffeur n'ira pas taguer les murs d'un quartier où il y a déjà d'autres graffeurs, c'est leur territoire. Pour des collaborations, il doit les appeler pour les informer, explique Ranjamo.

Enfant de quartier populaire, le jeune artiste est imprégné de la culture Hip Hop depuis qu'il a ouvert les yeux. L'art de rue et tout ce qu'il représente, danse, rap, slam et graffitis, entre autres, ont tracé sa destinée.

Je me suis essayé au graffiti, et j'ai découvert mon talent, j'ai pu définir mon style et faire beaucoup de rencontres dans ce milieu, nous faisons des street sessions, et nous apprenons tout dans la rue!

Son style reflète son vécu, "agressif" décrit-il, "j'utilise le rouge, le noir, le jaune...", des couleurs sanglantes, enflammées, qui dessinent l'expérience de sa vie.

Son but ultime? Rendre le graffiti un art reconnu, une source de revenus.

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