Enseignement: L'appel de Rached Ghannouchi à la mise en place de la loi des awqafs, est-ce vraiment la solution pour sortir du déclin?

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RACHED GHANNOUCHI
ROME, ITALY - DECEMBER 3: Rached Ghannouchi, president of the Tunisian Ennahdha party, speaks during the Forum MED Mediterranean Dialogues summit in Rome, Italy, on December 3, 2016. (Photo by Riccardo De Luca/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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Rien ne va plus dans le secteur d'enseignement en Tunisie. Affiché en bas du tableau des universités mondiales, et avec un score largement en dessous de la moyenne du classement PISA, le secteur agonise illustrant une crise qui frappe de plein fouet le pays depuis plusieurs années.

La solution ?

Pourtant, Rached Ghannouchi dit avoir la solution. Une issue, qui selon lui, pourrait sauver ce secteur piétinant et le laisser retrouver son éclat. En effet, lors d’une cérémonie organisée, le lundi 28 août, à l’honneur des lauréats d'Ennahdha des universités tunisiennes, Ghannouchi a estimé que l'institution du "Wakf" pourrait résoudre le problème de financement des universités tunisiennes.

Il a noté, dans une déclaration accordée à Shems Fm, qu'il s'agit d'une nouvelle alternative qui entre dans le cadre d'économie sociale. Une pratique, déjà utilisée, par les grandes universités mondiales. "80% de l'enseignement américain est basé sur les fondations,"a-t-il martelé.

Ghannouchi a souligné la nécessité de repenser à mettre en place un "troisième secteur", à mi-chemin entre le secteur privé et public. Il a d'ailleurs recommandé au bloc parlementaire de son parti Ennahdha et à Noureddine Bhiri de présenter à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) un projet de loi relatif au Wakf et à l’économie solidaire dont le but est de soutenir l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Proposition épinglée

Une déclaration qui a fait polémique. Plusieurs ont d'ailleurs associé sa proposition à une riposte foudroyante à l'appel du président de la République Béji Caid Essebsi, relatif à la parité dans l’héritage entre les hommes et les femmes. Une interprétation qui a été, tout de suite, démentie par le porte-parole d'Ennahdha, Imed Khemiri. "Les propos de Rached Ghannouchi ont été sortis de leur contexte", a-t-il dit sur les ondes de Mosaïque Fm.

Khemiri a expliqué que l'appel de Ghannouchi de mettre en place une loi relative au "waqf" n'a rien à voir avec la définition traditionnelle de ce dernier. Il a ajouté que le système de fondation, adopté partout dans le monde, permet le financement du secteur, ce qui favorise son évolution et son amélioration.

Il est à rappeler qu’un débat a déjà été ouvert à l’Assemblée nationale constituante (ANC) en 2013 autour d’un projet de loi semblable. Ce débat a conduit au rejet catégorique de la part d’un groupe important de constituants et de larges franges de la société civile de ce projet. Rached Ghannouchi avait annoncé à l'époque, que "ceux qui s’opposent aux Awqaf rejettent les préceptes de l’Islam."

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