François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, revient sur la Une polémique de l'hebdomadaire

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JEUNE AFRIQUE
Le directeur de la rédaction a expliqué ce choix éditorial | Jeune Afrique
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PRESSE - Depuis quelques jours, une polémique agite les réseaux sociaux. De nombreux internautes critiquent ouvertement la couverture du dernier numéro de Jeune Afrique. Le directeur de la rédaction du magazine, François Soudan, explique au HuffPost Maroc ce choix éditorial.

"Le titre 'Born in Morocco', et non 'Made in Morocco', la nuance ne vous aura pas échappé, est explicité dans les trois lignes de cover qui suivent: 'Nés au coeur du royaume' -ce que tout le monde sait- 'radicalisés en Europe' -et non au Maroc-, recrutés par Daesh", rappelle François Soudan.

Le directeur de rédaction est aussi revenu sur le contenu de ce nouveau numéro. "L'édito ('Le Discours d'un roi') et le reportage qui suivent, expliquent on ne peut plus clairement qu'en dehors de leur lieu de naissance, les terroristes de Barcelone avaient coupé tout lien avec le royaume. Leur radicalisation s'est effectuée en Europe, dans un contexte spécifiquement européen", ajoute François Soudan. "Encore faut-il prendre la peine de lire avant de s'enflammer -ce qui est, hélas, le propre des réseaux sociaux", regrette le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire.

En effet, le paragraphe mis en avant dans l'édito stipule que "suggérer que le Maroc se débarrasserait de jihadistes en facilitant leur émigration vers l'Europe n'a aucun sens". Quand on lit le reportage, quelques pages plus loin, on constate que l'auteur Fahd Iraqi ne s'en tient qu'aux faits. Il a rencontré la famille de certains des terroristes ou encore mis en exergue les avancées de l'enquête.

Les internautes se sont arrêtés à la Une

La polémique contre Jeune Afrique est née sur sa couverture. On y voit le visage des terroristes qui ont perpétré les attentats en Espagne, sur fond de drapeau marocain, accompagné du titre "Born in Morocco". Un choix graphique qui a poussé de nombreux internautes à regretter l'amalgame entre le royaume et le terrorisme.

D'autres internautes ont préféré détourner la Une mettant en avant d'autres Marocains qui, eux, ont réussi.

LeMedia a lancé un sondage sur Twitter, demandant aux internautes si cette Une les choquait. 22 heures après le lancement du sondage, sur la trentaine de personnes ayant répondu, les avis sont plutôt partagés: 54% ont voté "Oui", 46% ont affirmé que "Non".

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