Cheikh Saif bin Ahmed al Thani, directeur de la communication du gouvernement qatari: Nous avons travaillé avec les frères musulmans en Tunisie mais aussi avec l'opposition

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QATAR TUNISIA
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Dans une interview accordée au Los Angeles Times, Cheikh Saif bin Ahmed al Thani, directeur de la communication du gouvernement qatari est revenu sur la relation qu'entretient son pays avec les frères musulmans, dont notamment le parti Ennahdha en Tunisie.

Interrogé sur la tentative d'isolement sur la scène internationale du Qatar, Cheikh Saif bin Ahmed al Thani a affirmé qu'il s'agissait de différences de point de vue. Cependant cela ne nécessite pas selon lui d'intervenir dans les affaires intérieures d'autres pays ou de supporter des partis ou des personnalités politiques.

"Quand nous nous sommes impliqués en Tunisie, en Syrie ou en Libye, nous ne sommes pas allés chercher des partis ou des personnalités politiques. Nous fixons notre attention sur le public et essayons au maximum de ne pas choisir de camp" indique-t-il.

"Ils nous accusent de soutenir les frères musulmans. Par exemple en Tunisie après le printemps arabe, le gouvernement qui est arrivé faisait partie des frères musulmans (en référence au parti Ennahdha)" avance Cheikh Saif bin Ahmed al Thani avant d'ajouter "Nous avons travaillé avec eux, une fois qu'ils étaient au gouvernement. Nous n'avons jamais travaillé avec eux en tant que parti. Nous avons travaillé avec eux en tant que gouvernement, pour les aider" a-t-il répété.

Selon lui, le Qatar, tout comme il a soutenu un gouvernement issu des frères musulmans, à savoir Ennahdha, a également soutenu le gouvernement issu de "l'opposition" à savoir Nidaa Tounes.

"Après cela, le parti d'opposition a gagné et nous avons été les premiers à travailler avec lui. Nous avons fait une conférence l'année dernière pour supporter la Tunisie, pour y supporter l'investissement. Nous avons même créé un fonds pour les petites et moyennes entreprises" indique-t-il également.

Accusé de soutenir la confrérie des frères musulmans, Cheikh Saif bin Ahmed al Thani nie un tel appui du Qatar: "Nous n'avons aucune relation avec les frères musulmans. Toutes ces accusations viennent de l'Égypte" affirme-t-il.

Depuis plusieurs mois, le Qatar est accusé par l'opinion publique d'avoir commis de nombreuses exactions en Tunisie sans pour autant être inquiété.

Samedi, un documentaire diffusé sur la chaine saoudienne Al Arabiya a pointé du doigt le Qatar, Ennahdha et les associations caritatives d'être les parties impliquées dans les réseaux d'envoi de jeunes tunisiens vers les zones de conflits.

Au mois de juin dernier, un responsable militaire libyen avait déclaré que des fonds qataris ont été transférés en Libye depuis la Tunisie pour le financement d’un groupe terroriste; obligeant la justice tunisienne à ouvrir une enquête.

À la même période, un documentaire de Sky News Arabia assurait que le Qatar, le leader d'Ennahdha Rached Ghannouchi et Abdelhakim Belhaj étaient derrière l'assassinat du leader de gauche Chokri Belaïd.

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