Ce qu'a fait ce chauffeur de taxi marocain pendant l'attentat de Barcelone a ému les internautes

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ZAHER ZENJLI
Ce qu'a fait ce chauffeur de taxi marocain pendant l'attentat de Barcelone a ému les internautes | SANTI COGOLLUDO/EL MUNDO
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SOLIDARITÉ - L'histoire d'un chauffeur de taxi marocain est devenue virale sur Twitter après l'attentat terroriste survenu le 17 août sur Las Ramblas, à Barcelone.

Selon le quotidien espagnol El Mundo, Zaher Zenjli, 30 ans, installé depuis toujours en Catalogne mais dont la famille est originaire de Larache au Maroc, venait de déposer des clients à 300 mètres de la célèbre artère barcelonaise lorsqu'il a été appréhendé par des touristes, visiblement nerveux, qui lui ont proposé de le payer le double de la course pour qu'il les prenne au plus vite.

C'est là qu'il a compris que quelque chose de grave venait de se passer. En entendant la nouvelle de l'attentat à la radio, il a alors décidé d'accrocher une pancarte "Free service" ("service gratuit") sur ton taxi et passé l'après-midi à aider gratuitement des gens à fuir l'attaque à bord de sa voiture.

"Nous ne sommes pas tous pareils"

À un moment, hélé par une jeune fille, le chauffeur de taxi a pris en charge une femme âgée qui attendait depuis une heure appuyée sur sa canne en compagnie d'une amie, sans savoir que faire. En montant dans le taxi, il les a entendues parler des musulmans et des terroristes.

En les raccompagnant chez elles, elles lui ont proposé de payer la course. Mais il a refusé. "Je ne vais pas vous faire payer, mais je vous demande, si jamais vous entendez quelqu'un parler de nous (les musulmans, ndlr) comme cela, de dire que nous ne sommes pas tous pareils".

La fille de la vieille dame, lorsque sa mère lui a raconté ce que le chauffeur de taxi avait fait pour elle, a été émue par l'histoire et l'a partagée sur Twitter.

"Ma mère était à 2 rues de Las Ramblas. Un chauffeur de taxi marocain l'a raccompagnée chez elle gratuitement et lui a dit que tous ne sont pas pareils"

Un tweet qui a fait le buzz en Espagne, repartagé plus de 50.000 fois. Si certains internautes ont mis en doute la véracité de l'histoire, El Mundo a pu la confirmer auprès du chauffeur et de la fille de la dame âgée.

"Les gens sont toujours à la recherche de coupables"

Lors de la grande manifestation de solidarité avec les victimes de l'attentat, organisée samedi 26 août à Barcelone, Zaher Zenjli était présent. "Je suis fier que mes collègues m'aient choisi comme représentant de tous les chauffeurs de taxi", a-t-il déclaré au micro de l'émission Espejo Público, diffusée sur la chaîne Antena 3.

"Beaucoup de chauffeurs de taxi sont venus à Las Ramblas pour évacuer les gens gratuitement", a-t-il expliqué. "Nous nous sommes organisés rapidement. Nous avons essayé de faire le maximum de trajets possibles. Certains collègues prenaient jusqu'à huit personnes dans leurs voitures, avec l'autorisation de la police, pour ne pas séparer les familles", a-t-il ajouté, soulignant qu'il a fait huit ou dix allers-retours cet après-midi-là pour venir en aide aux gens qui fuyaient l'attaque.

Interrogé sur la phrase qu'il a dite à la femme âgée, le chauffeur de taxi juge qu'il était nécessaire de la prononcer, et explique qu'il savait que "quelques jours plus tard, le sujet ferait débat parce que les gens sont toujours à la recherche de coupables et les premiers visés, les plus proches, sont la communauté musulmane".

Les deux attaques terroristes qui ont frappé Barcelone et la station balnéaire de Cambrils, les 17 et 18 août, revendiquées par Daech, ont fait 16 morts et plus de 120 blessés. Au moins douze individus, dont une majorité de Marocains, seraient impliqués dans ces attaques.

Les cinq auteurs de l'attaque de Cambrils, tous Marocains, ont été tués par la police. Quatre autres suspects ont été arrêtés, un cinquième a été tué après avoir fui et deux hommes, dont un imam, sont morts dans une explosion survenue avant le double attentat, lors d'un essai d'explosifs dans une maison où la cellule terroriste préparait les deux attaques.

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