La saison 7 de "Game of Thrones" est allée trop vite? Souvenez-vous quand on disait le contraire

Publication: Mis à jour:
GAME OF THRONES
HBO
Imprimer

GAME OF THRONES - Voilà 67 épisodes qu'on nous répète que l'hiver arrive. Mais cette fois-ci, il est arrivé, et vitesse grand V! Alors que HBO diffuse l'episode finale de sa saison 7 de "Game of Thrones" ce dimanche 27 août, l'heure est au bilan.

Ce qui ressort de cette cuvée Westeros 2017 (la seconde à s'être détachée des livres de George R.R. Martin), c'est que tout est allé très vite. Trop vite? Il y a débat.

ATTENTION SPOILERS

via GIPHY

Cet article raconte la saison 7 et précédentes
Vous êtes vraiment sûr de vouloir savoir?
Alors, c'est parti.


Sept épisodes à dos de dragon

La rapidité de cette saison 7, c'est avant tout une question de format. Pour les six premières saisons, les épisodes de "Game of Thrones" étaient livrés par dix. Cette fois-ci, la saison a été amputée de trois épisodes. Avec trois heures de séries en moins, il fallait forcément condenser les intrigues.

Mais cette impression de rapidité ne tient pas seulement au nombre d'épisodes. "TOUT va trop vite", lit-on sans cesse dans les avis de spectateurs.

Tout. Et tout particulièrement les déplacements!

Cette saison, c'est avant tous les voyages des personnages qui ont été accélérés. Souvenez-vous de la flotte d'Euron Greyjoy qui fait un aller-retour express entre Port-Réal et les mers de Fer pour ramener ses prisonniers. Rappelez-vous de votre surprise quand vous avez quitté Jaime Lannister dans le lit de sa sœur pour le retrouver l'instant d'après à Hautjardin en train de défaire Ollena Tyrell. Qui n'a pas haussé un sourcil en voyant Arya traverser un continent pour rentrer à Winterfell? Ayons aussi une pensée pour les montures des Dothrakis qui ont tout donné pour amener leurs guerriers jusqu'à l'armée des Lannister aussi rapidement.

Mais ces petits coups de "speed" ne sont rien à côté de ce qu'il s'est produit dans l'épisode 6, "Au-delà du mur". C'est d'ailleurs ce pénultième épisode qui a libéré la parole sur la rapidité de cette saison et les incohérences qui en découlent.

Jon Snow et son expédition se retrouvent encerclés par le Roi de la Nuit et ses marcheurs blancs. Gendry a alors le temps de courir jusqu'à Fort-Levant, d'envoyer un corbeau jusqu'à Daenerys qui se trouve à Peyredragon, et celle-ci réussit à arriver à temps pour sauver tout le monde avec ses trois dragons? Cet enchaînement improbable a fait s'arracher les cheveux à de nombreux fans de l'univers complexe mais rigoureusement pensé de George R.R. Martin.

Face à des millions de spectateurs perdus (certains au point de calculer le temps que la glace a mis à se reformer autour de Jon Snow pour se convaincre que c'était possible), le réalisateur Alan Taylor a pris la parole dans les colonnes de Variety.

"Nous avons conscience que la temporalité devient un peu brumeuse. (...) Je pense que nous avons fait de notre mieux pour esquiver la question de la temporalité en n'annonçant pas la durée exacte du périple. Certains téléspectateurs l'ont accepté, d'autre pas" a-t-il reconnu. (...) J'espère que la force de l'histoire réside ailleurs que dans ces détails."

Tout fout le camp?

De simples détails? Alan Taylor oublie ici ceux qui regrettent aussi que la disparition d'arcs narratifs et de personnages dans cette série chorale.

Que fait Melisandre? Reverra-t-on Theon et sa sœur Yara ? Et Euron, ne devait-il pas se marier avec Cersei?

Les détails, c'est aussi ce qui fait le succès de séries comme "Game of Thrones". Ces séries qui continuent après le générique grâce aux théories des fans. Si les détails se perdent dans la "brume", tout cela ne sert plus à grand chose.

Ce genre de détails, c'est également ce qui nous rassurait jusqu'à présent. Mais si les scénaristes s'affranchissent à ce point de la géographie et de la logique, tout devient possible, fait justement remarquer un critique du Guardian. Nous pouvons alors craindre le pire pour nos personnages, préférés ou détestés. En sacrifiant tout ça pour des ours zombies, des épées enflammées et des explosions, "la meilleure série TV est devenue la plus bête", tranche-t-il.

Tout le contraire de la saison 5

Mais dans ce grand débat sur la rapidité de la saison 7, le camp des "pour" a aussi des arguments à faire valoir.

Dans ce clan-là, on retrouve notamment ceux qui ont souffert durant la saison 5. L'une des plus décriées de "Game of Thrones".

Il est amusant de rappeler que lors de la diffusion de ce cinquième volet, on entendait exactement l'inverse de ce qui est reproché aujourd'hui à HBO. On parlait alors d'une intrigue qui mettait du temps à décoller. On comparait la série à un soap opera avec ces innombrables intrigues et personnages...

"Il est grand temps que ces divers arcs narratifs et personnages se croisent, histoire de redonner un peu de cohésion a cette saison car, pour le moment, on a vraiment l'impression que chacun joue sa partition dans son coin", lisait-on dans ce billet de blog publié sur Franceinfo. C'est justement ce qu'il se produit cette saison.

"Les personnages sont frappés d'immobilisme", reprochait-on à cette saison avec une Arya coincée à Braavos, un Jon Snow hésitant et une Sansa mariée de force à Ramsey Bolton. Jusqu'à la marche de la honte de Cersei et la mort de Jon Snow... dans le tout dernier épisode de cette saison plus bavarde qu'autre chose.

Il se passe enfin quelque chose (mais tout le temps)

La saison 7 est tout l'opposé. "Il se passe quelque chose dans Game of Thrones", se réjouissait d'ailleurs Vulture dès les premiers volets.

Ça y est! Les personnages bougent. Les conversations vont à l'essentiel. Et même quand elles peuvent sembler anodines, elle peuvent contenir une information clé que seuls les fans les plus alertes remarqueront. La découverte de Vère dans les mémoires du Grand Moineau en est un bon exemple.

Et puis il y a de l'action, et ce à chaque épisode. Au premier épisode: Arya décime les Frey en un claquement de doigt. Dans le second: nous avons eu droit à une bataille sur l'eau. Le troisième épisode est celui du supplice Ellaria et Tyene face à Cersei, de la prise de prise de Castral Roc et de la fin de la maison Tyrell. Personne n'a oublié le barbecue géant de l'épisode 4, une bataille dantesque qui tient en 11 minutes seulement. Seul l'épisode 5 a offert un peu de répit aux personnages pour mieux les amener "au-delà du mur" dans un sixième épisode bourré d'action, de morts et de rebondissements.

Mais quel que soit votre camp dans ce vif débat autour de la saison 7, il faudra vous rendre à l'évidence: "Game of Thrones" aura une fin. Et elle va arriver aussi vite que Daenerys sur son dragon à la rescousse de Jon Snow.

Après le finale de ce dimanche, il restera seulement la saison 8 et ses six épisodes d'au moins 80 minutes pour faire son deuil. S'il est difficile de conclure une série pour ses réalisateurs, on sait déjà que couper le cordon sera douloureux pour les spectateurs. Cette saison 7 ne fait que nous y préparer.

LIRE AUSSI: