Un nouvel hôpital psychiatrique ouvre ses portes à Kelaât des Sraghna

Publication: Mis à jour:
AIC PRESS
AIC PRESS
Imprimer

SANTÉ - Quelques années après avoir été secouée par le scandale du mausolée Bouya Omar, Kelâat Sraghna se dote d'un nouvel hôpital psychiatrique.

Erigé sur 30.000 m², cet hôpital comporte deux pôles d’hospitalisation et un hôpital de jour comprenant une unité d’hospitalisation et 4 salles de consultations médicales, 4 ateliers de soins professionnels, une bibliothèque et quatre salles pour les activités parallèles, dont deux consacrées à la peinture et deux pour la musique, en plus d’un espace d’accueil, une pharmacie, une buanderie et une cuisine.

La capacité d’accueil dans l'établissement est de 120 lits et il a été réalisé pour un coût global de 56 millions de dirhams.

aic press

Un hôpital qui s’inscrit dans le cadre du Plan national de la santé mentale

Dans une déclaration à la presse, reprise par la MAP, le ministre de la santé Houcine El Ouardi a indiqué que "cet hôpital est doté d’équipements biomédicaux modernes et de qualité, en plus d’ambulances et de ressources humaines spécialisées, dont des médecins, des infirmiers, des techniciens et des cadres administratifs, ce qui garantira une bonne gestion pour cette infrastructure sanitaire et prodiguera des soins de qualité à la hauteur des attentes des patients et de leurs proches".

Le ministre a tenu à rappeler que la réalisation de cet hôpital s’inscrit dans le cadre du Plan national de la santé mentale présenté en juin 2013 par El Ouardi devant le roi Mohammed VI, plan qui comprend la construction de 4 hôpitaux psychiatriques à Kelaât des Sraghna, à Agadir, à Kénitra et à Beni Mellal, avec une capacité d’accueil de 120 lits pour chaque établissement sanitaire et selon des normes mondiales.

"Le ministère poursuivra sa politique de réalisation de services hospitaliers intégrés avec une capacité d’accueil de 30 lits dans chaque service", a-t-il fait savoir, ajoutant que quatre services intégrés sont devenus opérationnels dans les villes de Bouarfa, Chechaouen, Al-Aroui et Tiznit. Ce plan comporte également le réaménagement de l’hôpital psychiatrique de Berrechid.

Pas de lien avec l'affaire Bouya Omar selon le ministère

Le ministère a tenu à rappeler que la réalisation de cet hôpital n’entre pas dans le cadre de l’initiative "Al Karama" lancée par le ministère de la Santé pour prendre en charge au plan médical les patients souffrants de troubles mentaux victimes de séquestration et de "pratiques illégales et immorales dans alentours du marabout Bouya Omar".

En effet en 2015 El Ouardi avait réaffirmé sa volonté de mettre fin aux abus touchant les malades qui y vivent dans des conditions "désastreuses et épouvantables", et à leur assurer les soins nécessaires, notamment des lits, des médicaments et des ambulances. "Ça sera Bouya Omar ou moi", avait déclaré le ministre.

Le mausolée de Bouya Omar accueillait, selon Houcine El Ouardi, quelques 822 patients, que le ministre de la Santé qualifiait plutôt de "détenus". Près de 400 personnes profitaient d'un commerce très lucratif qui s'est créé "sur la base de l'exploitation des malades et de leurs familles, à qui d'importantes sommes d'argent sont extorquées pour l'hébergement, la nourriture, et ce qu'ils appellent 'la guérison' de leurs proches internés", avait déclaré en 2015 au HuffPost Maroc Houcine El Ouardi.

Dans le cadre de l’initiative "Al Karama", le ministère lancera les travaux avant la fin de cette année d’un complexe médical et social dans la région Bouya Omar destiné à accueillir les malades mentaux et les prendre en charge au niveau médical et social. Ce complexe recevra les proches des malades et leur prodiguera le soutien psychologique et offrira des services de qualification et de réinsertion sociale.

LIRE AUSSI: