Le Maroc lance un nouveau programme de réinsertion des prisonniers condamnés pour terrorisme

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MOROCCO JIHADIST
Rafael Marchante / Reuters
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RADICALISME - Réussir la réinsertion de détenus condamnés pour acte de terrorisme, c’est le pari que vient de se lancer la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) à travers le programme "Mossalaha" (réconciliation).

L’expérience est présentée comme "unique en son genre au niveau international" et s’inspire de celle menée par l’Instance équité et réconciliation (IER) au profit des détenus politiques des années de plomb. Sauf que cette fois, "la réconciliation se fera entre les détenus concernés et la société", précise la DGAPR.

13 détenus, ayant fait partie du programme, ont ainsi pu profiter de la grâce royale à l’occasion du 64e anniversaire de la révolution du Roi et du peuple. Ils faisaient tous partie de la première "promotion" de Mossalah qui a eu lieu du 29 mai au 25 juillet 2017 dans la prison de Aarjat 1 à Salé.

Concrètement, le programme, élaboré par la DGAPR en collaboration avec la Rabita Mohammadia des Oulémas et le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) s’appuie sur trois axes: la réconciliation avec soi-même, la réconciliation avec le texte religieux et la réconciliation avec la société.

"Ces axes représentent la dimension relative à la réconciliation psychologique, celle relative à la perception correcte du texte religieux et consacrant les valeurs de tolérance et de modération et celle relative à la perception et l’acceptation du cadre juridique ainsi qu’à la qualification socio-économique" explique la Direction des prisons.

Dans le cadre de ce processus, des séances ont été consacrées à la diffusion de vidéos de témoignages de familles des victimes du terrorisme, l’objectif étant de sensibiliser les détenus, condamnés dans le cadre de terrorisme et d’intégrisme, à l’ampleur des effets des préjudices provoqués par l’extrémisme violent sur la stabilité et la sécurité de la société, ainsi que les dégâts directs qu’ont subis les victimes.

L’accent a également été mis sur l’accompagnement psychologique pour éviter d’aggraver le sentiment de remords susceptible de porter atteinte à l’opération de convalescence et de réhabilitation de conduite.

Rappelons que le programme a profité aux détenus condamnés dans des affaires liées au terrorisme et à la radicalisation de différentes tendances jihadistes et qui ont affiché leur volonté d’y participer.

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