Voilà pourquoi la CNAM a décidé de distribuer des carnets de soins d'une validité de deux mois au lieu d'une année

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La crise touche de plein fouet la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM). Des dettes cumulées dépassant les 2400 millions de dinars, un manque de liquidité flagrant...ne font que confirmer un lourd constat qui se répercute même sur ses activités courantes.

Face à cette situation critique, la direction de la CNAM a décidé d'écourter la validité des carnets de soin et de limiter la durée des prises en charge. La CNAM a choisi de limiter la durée de prise en charge de 90 à 45 jours et de distribuer des carnets de soins de deux mois de validité au lieu d’une ou deux années, a annoncé le porte-parole de la CNAM, Salah Hamidet, sur les ondes de Shems Fm. Il a expliqué que la réduction de la validité des cartes est une mesure visant à l’intensification du contrôle et à l’amélioration de la gouvernance.

Une décision temporaire, selon lui, qui a été prise en attendant l'adoption d'une carte intelligente qui permettra d’assurer le suivi du plafond annuel des soins et d’offrir aux patients et aux prestataires un service plus pertinent, répondant à leur besoins. Cette nouvelle carte à puce qui sera opérationnelle en 2018 permettra, également, de limiter les problèmes de fraudes, favoriser les coûts des soins, faciliter l’échange électronique des données, favoriser la maîtrise des coûts et réduire les délais de traitement de dossier.

Une révolution numérique qui peine à voir le jour pour cette institution. Pourtant prévu pour l'année 2016, le projet de carte intelligente tarde à se concrétiser. Un appel d'offre a été, d'ailleurs, lancé en 2015, mais pour des "obstacles administratifs" tout le processus va être refait. "Le cahier de charge sera clôturé en fin d'année et un appel d'offre international sera lancé par la suite" a déclaré le porte-parole de la CNAM.

En avril dernier, le ministre des Affaires sociale Mohamed Trabelsi, a dressé le bilan de la CNAM devant l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Un tableau noir qui met en relief les difficultés rencontrées par cette dernière. Il a indiqué que parmi les principaux facteurs derrière la fragilité de la CNAM figure la forte augmentation du nombre de bénéficiaires de l'APCI, dédiée aux maladies chroniques et lourdes.

Le ministre a estimé, par ailleurs, que sauver le système de la sécurité sociale en Tunisie reste l’une des priorités du ministère des Affaires sociales à travers la prospection de plusieurs alternatives, à l’instar de l’âge de la retraite, ou encore les équilibres financiers des caisses sociales, la diversification de leurs ressources, le paiement de leurs dettes et l’organisation du marché parallèle.

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