Le Parti Destourien Libre porte plainte contre Ennahdha pour financements douteux

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ABIR MOUSSI
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Abir Moussi, présidente du Parti Destourien Libre (PDL) a annoncé avoir envoyé un demande écrite au procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Tunis afin d'ouvrir une enquête sur les financements douteux du parti Ennahdha.

Une procédure pénale sera entamée à l'encontre du mouvement Ennahdha, précise un communiqué de presse publié par le parti.

Cette plainte accuse le parti islamiste d'avoir détenu de fonds douteux de la part du Qatar et appelle à l'audition de l'ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Ounaies qui a des révélations dans ce cadre. D'après la même la source, le parti appelle, également, à l'activation des accords de coopération juridique avec la Syrie, la France, les Émirats arabes unis et le Koweït dans l'objectif de réunir le maximum de témoignages de l'extérieur du pays.

Cette initiative est, en effet, une relance à la demande écrite destinée au Chef du gouvernement Youssef Chahed et qui date du 28 juin 2017. C'est face au "terrible silence" de la présidence du gouvernement que le parti a choisi d'agir ainsi, rappelle le communiqué.

"La balle est maintenant dans le camp de la justice pour dévoiler la vérité" a écrit la présidente du Parti Destourien Libre. Déterminée, elle a ajouté que la plainte a été déposée à l'encontre du mouvement Ennahdha, ainsi que toutes les autres parties impliquées dans cette affaire et dont les noms seront démasqués à la suite des investigations. Elle a, par ailleurs, pointé du doigt le laxisme des autorités et souligné la nécessité de prendre conscience de la gravité de la situation.

D'après une ancienne déclaration d'Abir Moussi, cette demande n'a pas pour but de nuire à l'image des partis mais au contraire elle vise à dénuder les partis "corrompus" et de mettre en évidence l'intérêt général du pays. Elle a souligné le fait que la demande d’enquêter à ce sujet n’émane pas d’une volonté de positionnement du PDL sur la scène politique, et encore moins d’une campagne électorale anticipée.

Moussi a dévoilé, par ailleurs, dans une interview accordée à Mosaïque Fm, qu'elle détient des preuves tangibles et des suspicions réelle qui indiquent que "le parti Ennahdha a reçu des financements illégaux de la part du Qatar" et a des liens suspects avec les réseaux d'envoi des jeunes au Jihad. Elle a précisé que Rached Ghannouchi a reçu 150 millions de dollars du Qatar une semaine après la victoire du parti islamiste aux élections de 2011, et ce en se référant à un livre de deux journalistes français. Elle a également mis en doute l’association Qatar Charity, qui a ouvert son bureau en Tunisie en 2012, et qui serait impliquée dans le financement de terrorisme.

Des déclarations chocs qui ont été rapidement démenties par le mouvement Ennahdha. Invité à la radio Mosaïque Fm, le porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri a estimé que les accusations de Moussi à propos du financement de son parti sont des tentatives désespérées de déstabilisation. "Concernant les réseaux d'envoi des jeunes vers les zones de conflits, il y a toute une commission parlementaire chargée d'enquêter sur le sujet. Quant à la question de financement, j'appelle cette dame à révéler, également, les sources de financements de son parti," a-t-il répliqué.

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