Entretien avec Normal, l'artiste pas banal qui signe la superbe affiche du festival L'Boulevard

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AFFICHE LBOULEVARD
Normal, artiste: "Le plus satisfaisant pour moi n'est pas le mur fini mais les journées passées à le réaliser" | Normal
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ART - Il est l'artiste derrière l'affiche de la prochaine édition du festival L'Boulevard, qui se tiendra à Casablanca du 15 au 24 septembre. Une oeuvre graphique qui a rencontré un franc succès auprès des internautes. Ayoub Abid, alias Normal, nous en dit un peu plus sur cette affiche sortie "d'un univers fantastique, local et rock", mais aussi sur son parcours et sa manière de travailler en tant qu'artiste multidisciplinaire. Entretien.

HuffPost Maroc: Vous êtes l'auteur de l'affiche du festival L'Boulevard. Pouvez-vous nous dire ce que représente cette femme le poing levé?

Normal: Il n'y a pas de message caché, c'est un personnage qui est censé traduire l'esprit de l'édition de ce festival en visuel. J'aime croire qu'au moment où notre regard se pose sur une image, les premières informations que l'on reçoit sont sous formes d'émotions et ce n'est qu'ensuite qu'on a le réflexe d'essayer de comprendre, de chercher des indices pour trouver une réponse à ce qu'elle représente. Et c'est dans ce sens-là que cette affiche a été développée. Les interprétations sont totalement subjectives et dépendent de ceux qui la regardent. Nous avons voulu construire l'impression d'un univers fantastique, local et rock plutôt que véhiculer un message.

Vous utilisez beaucoup de symboles berbères dans cette image. Pourquoi ce choix?

Ce choix est naturel: je suis né et j'ai grandi dans un pays où la culture amazighe est fortement présente, je ne fais que m'inspirer de ce qui nous entoure.

Certaines de vos fresques murales sont connues des Marocains, notamment depuis l'organisation de festivals de street-art ces dernières années, à Casablanca, Rabat... L'art de rue est-il en train de sortir de sa "clandestinité" au Maroc?

J'essaie de me détacher du titre "street artist" car ce qui m'intéresse vraiment, c'est le dessin et la peinture, quelle que soit la forme où la dimension du support. Cette discipline, comme toute chose, évolue. Elle est aujourd'hui mieux acceptée par les habitants donc plus encouragée.

Fresque murale de Normal, devant le phare de Al Hank, à Casablanca

Quelle est la plus grande satisfaction pour un artiste lorsqu'il accomplit ce genre d'oeuvre murale?

Le plus satisfaisant pour moi n'est pas le mur fini mais les journées passées à le réaliser. J'apprend beaucoup sur moi-même durant le processus. Je vis intensément l'instant, le plaisir d'appliquer une couleur après avoir longtemps cherché le bon mélange, l'angoisse du doute d'avoir fait les mauvais choix, le dépassement de tout ça et la concentration sur le moment présent.

Une fresque de Normal à Benguerir, réalisée lors de la Caravane du street-art, en 2016

D'où vient votre amour pour le street-art? Et quel a été votre parcours artistique jusqu'à ce jour?

J'ai toujours aimé le dessin en général. J'ai commencé ma vie professionnelle comme graphiste, travaillant pour des boîtes de communication. Ensuite, j'ai quitté mon poste pour pouvoir consacrer plus de temps à ma passion, c'est là que j'ai fait la rencontre du collectif Skefkef, une rencontre qui m'a mis sur les rails. Aujourd'hui, je fais du graphisme, de l'illustration, de la bande dessinée et des murs.

normal

Quel regard portez-vous sur la scène artistique marocaine, notamment dans le domaine du graphisme et du street-art?

Je pense que ces domaines sont en pleine expansion, il y a toute une communauté qui cherche à faire éclore un style nouveau.

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