Harcèlement et violences sexuelles: Voici les différents sit-in qui auront lieu aujourd'hui au Maroc

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HARCÈLEMENT - Les militant(e)s pour les droits des femmes n'auront pas attendu longtemps pour se mobiliser. Quelques heures seulement après la propagation sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant un groupe d'adolescents agresser sexuellement une jeune femme dans un bus, un sit-in organisé à Casablanca était annoncé. Le but, dénoncer le harcèlement mais aussi les violences sexuelles dont sont victimes les femmes au quotidien au Maroc, la misogynie et la "culture du viol".

L'affiche de l'évènement a été réalisée par l'artiste marocaine Durgamaya, Merieme Mesfioui de son vrai nom, qui a également partagé sur les réseaux l'appel à la protestation:

Si sur Facebook, de nombreuses personnes ont interrogé les organisateurs sur la nécessité ou non de demander en amont une autorisation auprès des autorités des villes concernées, l'organisatrice du sit-in de Rabat et porte parole de l'évènement, Chaima Lahsini, est formelle: "Selon la loi, seules les marches doivent faire l'objet d'autorisations officielles. Les sit-in obligent bien un préavis, mais l'annonce publique de l'évènement relayée par les réseaux sociaux et les médias suffit, et c'est ce que nous avons fait", explique-t-elle au HuffPost Maroc.

Chaima Lahsini est très en colère face à l'inaction du gouvernement. "On est désespérées", s'exclame-t-elle. "À vrai dire, on a même perdu espoir de voir une réaction de l’État. Le projet de loi 103.13, contre les violences faites aux femmes, traîne depuis 2013 dans les bureaux du parlement".

Le mutisme de Bassima Hakkoui, la ministre de la Famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social, qui n'a réagi qu'hier soir aux faits, soit près de 48 heures après la diffusion massive de cette vidéo, a également alimenté la colère des militantes. "Mme la ministre a pris 48 heures pour réagir à ce qui s'est passé, en se demandant comment une crime pareil, qu'elle décrit comme étant "étranger" à notre société, peut être commis dans un lieu public. Mais qui va répondre à nos questions à nous, les femmes, si la ministre, chargée de répondre à nos besoins, n'a même pas conscience que ce genre de crimes ne sont pas étrangers mais quotidiens pour les femmes?"

Pour Chaima, ces sit-in sont aussi un moyen d'alerter l'opinion publique quant au calvaire que les femmes subissent quotidiennement dans l'espace public. "Nous voulons que les gens ouvrent les yeux. Nous voulons que les gens comprennent la gravité de la situation. Nous voulons que les gens arrêtent de dire que cela se passe partout, parce que ce n'est pas un argument ou une excuse. Nous voulons que les gens se mobilise. Il est vrai que nous avons besoin de solutions à long terme, une réforme du système éducatif et l'introduction de l'éducation sexuelle... Mais qu'est-ce que les femmes sont supposées faire sur le court terme?", s'interroge-t-elle pour explqiuer le bien fondé de la mobilisation attendue ce soir dans différentes villes au Maroc.

Pour elle, la situation des femmes au Maroc devient intenable: "On a peur de sortir de chez nous, parce que non seulement on sera attaqué, mais personne ne viendra a notre secours. Qu'on nous trouve une solution, qu'on incrimine le harcèlement sexuel dans les rues, que les autorités fassent leur travail, que les lois soient appliquées. Sinon, soit on se séquestre chez nous, sois on sera obligé de s'armer pour sortir dans la rue".

Pour manifester cette colère, et grossir les rangs des indigné(e)s, les organisateurs se sont mobilisés pour tenir ce soir ces sit-in dans plusieurs villes du royaume, villes détaillées sur la carte interactive ci-dessous, et auxquelles pourraient s'ajouter Fès et Nador.

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