Il est temps d'augmenter le prix de l'eau, affirme le ministre de l'Agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques

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Il est temps d'augmenter les tarifs de consommation d'eau, c'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques Samir Taieb lors de son passage ce mardi à Mosaïque Fm. Il a indiqué que cette mesure s'avère nécessaire vue l'augmentation des taux de consommation d'eau enregistrée durant ces dernières années. "La consommation de l’eau cette année a été nettement supérieure à l'année 2016" a-t-il martelé.

Le ministre a rappelé que la situation actuelle de la SONEDE n’est pas viable et ce, notamment, en raison des lourds investissements qu’elle est appelée à entreprendre tel que le dessalement de l'eau de mer. "La Tunisie est parmi les pays où le prix de l'eau est le moins cher" a-t-il rappelé en soulignant la nécessité d'augmenter graduellement les prix d'eau à partir du mois de septembre.

Samir Taieb a noté que les stocks en eau potable sont suffisants jusqu’au mois de décembre "avec l’éventualité de rationaliser la consommation". Il n'a pas écarté, en effet, la possibilité de recourir au système de quotas.

Face à ce constat, le ministre a insisté sur l'importance d’une bonne gestion de la consommation en eau surtout que la situation hydrique du pays est alarmante.

D'après Raoudha Gafrej, universitaire et experte en gestion des ressources en eau, un scénario à l'italienne ou l'alimentation en eau est limitée à 8 heures par jour ne peut pas avoir lieu en Tunisie. Elle a indiqué que la SONEDE ne peut pas couper l’eau de cette façon ordonnée, car l’architecture de l’infrastructure, les équipements, les modes d’alimentation ne lui permettent pas de faire des coupures structurées. Ce n’est donc pas faute de volonté, mais c’est le réseau de la SONEDE qui ne peut pas accepter une telle gymnastique.

Dans un rapport publié en 2015, la World Resources Institute classe la Tunisie parmi les 33 pays les plus susceptibles de connaitre un stress hydrique (ou pénurie d'eau) d'ici 2040.

Selon le rapport, la Tunisie se classe parmi les pays qui ont un risque très élevé de manquer d'eau dans les décennies à venir pouvant perdre ainsi plus de 80% de ses ressources naturelles d'eau d'ici 2040.

L'UNESCO a quant à elle déjà tiré la sonnette d'alarme affirmant que la Tunisie souffrira de sérieux problèmes d'eau à l'horizon 2025.

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