Une agression sexuelle filmée dans un bus de Casablanca scandalise le Maroc

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RGR
AFP
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MAROC - Le Maroc est sous le choc après la diffusion d'une vidéo montrant un groupe de jeunes agresser sexuellement dans un bus une jeune femme, atteinte d'un handicap mental selon les autorités. Ces dernières ont fait état de l'arrestation des agresseurs lundi 21 août.

Diffusées dimanche 20 août sur les réseaux sociaux, les images ont suscité une salve de réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans les médias au Maroc.

On y voit un groupe d'adolescents, torse nu, en train de bousculer violemment une jeune femme en pleurs dans un bus, touchant ses parties intimes, tout en s'esclaffant. La victime, à moitié dénudée, pousse des cris de détresse, alors que le bus continue de rouler, sans qu'aucun passager n'intervienne.

Six jeunes hommes arrêtés par la police

La scène a eu lieu à Casablanca, métropole économique du royaume, précise la presse locale. La société chargée du transport en commun M'dina Bus, a indiqué que "l'agression s'est déroulée ce vendredi 18 août" et que les agresseurs avaient été "appréhendés ce lundi 21 août."

Interrogé par nos confrères du HuffPost Maroc, le porte-parole de M'dina Bus assure que depuis 2013, "chaque bus compte 4 caméras: il y a 1 caméra spéciale conducteur, placée au-dessus de sa tête, et 3 autres caméras qui couvrent l'ensemble du périmètre de l'autobus". Mais que rien n'indique que le conducteur du bus ait pu "relever qu'il y avait un problème, le bruit dans un bus faisant partie du quotidien". La société de transport mène aussi l'enquête pour retrouver le conducteur.

La police a confirmé dans un communiqué l'arrestation des six auteurs, âgés entre 15 et 17 ans, qui ont été placés sous surveillance policière. Elle a également confirmé que la victime, 24 ans, était atteinte d'un handicap mental, et relevé qu'elle n'avait avant la diffusion de la vidéo reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée ni de la part du chauffeur.

Le parcours de la combattante dans la rue

"Horreur à Casablanca", "des monstres commettent un crime odieux", écrit la presse locale, qui tire la sonnette d'alarme sur le phénomène du harcèlement des femmes dans l'espace public.

L'association Touche pas à mon enfant a lancé lundi un appel à témoins afin "de traduire en justice cette horde barbare qui s'est attaquée lâchement à une jeune fille". Des internautes ont, eux, appelé à un sit-in le 23 août à Casablanca pour exprimer leur indignation.

D'autres, en revanche, s'en sont pris à la victime, prenant la défense des agresseurs. Au Maroc, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours du combattant. Ou plutôt de la combattante: elles y subissent fréquemment remarques désobligeantes et insultes.

Selon les chiffres officiels, près de deux Marocaines sur trois sont victimes de violences. Et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste. Début août, une autre vidéo montrant une horde de jeunes hommes traquer une jeune femme marchant seule dans la rue à Tanger dans le nord du pays avait déjà suscité l'indignation dans le pays.

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