Égalité dans l'héritage: "Ne laissons pas cette question nous détourner des questions primordiales" affirme le secrétaire général de l'UGTT Noureddine Taboubi

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TABOUBI
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi a estimé lundi que la question de l'égalité dans l'héritage n'était pas une "priorité" contrairement "aux combats économiques et sociaux".

Interrogé par la radio Mosaïque FM en marge d'une visite à Béjà, Taboubi a affirmé qu' "il est du droit d'une institution comme la présidence de la République de prendre une initiative pour y penser et même de créer une commission dans ce sens".

Cependant, il déplore le timing: "Nos priorités aujourd'hui sont essentiellement les combats économiques et sociaux. Notre combat aujourd'hui, c'est également la lutte contre le terrorisme. Ne laissons pas cette question (de l'égalité dans l'héritage) nous détourner des questions primordiales" affirme-t-il appelant à revoir la question de l'égalité dans l'héritage à un autre moment.

"Aujourd'hui, concernant cette question sensible (...) il ne faut pas faire de surenchère sur la question de la femme" note-t-il avant d'ajouter: "Aujourd'hui personne n'a le monopole du modernisme et de la démocratie (...) et personnes n'a les clés pour s'accaparer de la religion musulmane. Notre peuple est naturellement musulman, modéré dans ses pensées, ouvert sur toutes les civilisations" a indiqué Taboubi.

En marge de la fête de la femme le 13 août, le président de la République tunisienne Béji Caid Essebsi avait créé une commission sous la tutelle de la présidence de la République ayant pour objectif de mettre en place une loi basée sur l'égalité dans l'héritage entre hommes et femmes. Il avait également appelé à annuler une circulaire de 1973 interdisant à une Tunisienne d'épouser un non-musulman.

Ces propositions ont créé de nombreuses réactions. Si certains comme l'Office de l'Ifta, le mufti d'Australie ou encore le Front populaire ont appuyé ces propositions, d'autres ont été plus virulents. Tel est le cas de l'adjoint du grand Imam d'Al Azhar Abbas Shuman et plus récemment du prédicateur islamiste Wajdi Ghanim.

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