De la Sagrada Família au Camp Nou, deux temples pour saluer la mémoire des victimes de Barcelone et Cambrils

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ERGIO PEREZ / REUTERS
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ATTENTATS EN ESPAGNE - L'heure est au recueillement. Au troisième et dernier jour de deuil national après les attentats de Barcelone et Cambrils, la capitale catalane a rendu hommage, dimanche 20 août dans la basilique de la Sagrada Família, aux victimes de ces deux attaques sanglantes.

Le roi d'Espagne Felipe VI, le chef du gouvernement Mariano Rajoy et le président indépendantiste de la Catalogne Carles Puigdemont sont venus assister à la cérémonie dans la basilique emblématique de Barcelone, où l'assistance prenait des photos avec des téléphones portables.

Des représentants des Mossos d'Esquadra, la police catalane, étaient également présents pendant la messe.

"Notre témoignage de solidarité, lors de la messe à la Sagrada Família, en soutien de toutes les victimes"

Après la Sagrada Família, l'un des emblèmes de la ville et symbole de l'Espagne catholique, Barcelone rendra hommage aux victimes dans un lieu tout aussi mythique: le Camp Nou, le plus grand stade d'Europe. Le sport-roi reprendra ses droits dans cette ville qui tente de revenir à la normale, avec le premier match de la saison du FC Barcelone, contre le Betis Séville à 20h15, sous haute sécurité. Une minute de silence est prévue en hommage aux 14 personnes tuées dans les attaques et les joueurs barcelonais, qui porteront floqué sur leur dos "Barcelona" à la place de leur nom, porteront un brassard noir en signe de deuil.

Dans ces "circonstances extraordinaires et lamentables", l'entraîneur barcelonais Ernesto Valverde a affiché samedi sa "solidarité" vis-à-vis des victimes et de leurs familles, fidèle à la devise du Barça, "més que un club" ("plus qu'un club"), symbole d'un fort engagement politique, culturel et social en Catalogne.

L'alerte terroriste au niveau 4

Le gouvernement a décidé samedi de maintenir le niveau d'alerte terroriste à 4, évitant son niveau maximum 5, synonyme de risque d'attentat imminent, mais renforçant encore les mesures de sécurité alors que la saison touristique bat son plein.

L'enquête sur les attentats qui ont fait au moins 14 morts et 120 blessés avance peu à peu. Bien que le ministre espagnol de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido ait annoncé que la cellule était "démantelée", la police recherche toujours Younès Abouyaaqoub. Ce Marocain de 22 ans pourrait avoir conduit la camionnette qui a fauché des dizaines de passants jeudi à Barcelone, faisait 13 morts et plus de cent blessés.

L'organisation jihadiste État islamiste a revendiqué l'attentat de même que celui qui a suivi quelques heures plus tard quand une voiture a foncé dans la foule à Cambrils, à 120 km au sud de Barcelone, faisant un mort. Ses cinq occupants ont été abattus par la police.

L'enquête se focalise sur un imam

Pour les enquêteurs, Abdelbaki As Satty, un imam de la petite ville de Ripoll, au pied des Pyrénées dans le nord de la Catalogne, apparaît désormais comme celui qui aurait radicalisé la douzaine de jeunes tenus pour les auteurs des deux attentats.

La police a perquisitionné son domicile à Ripoll samedi matin, a indiqué à l'AFP son colocataire qui ne donne que son prénom, Nourddem. D'après les médias espagnols qui citent des sources policières, ils voulaient prélever ses traces d'ADN et les comparer à celles des restes retrouvés dans une maison explosée à Alcanar et qui pourraient être ceux de trois hommes et non deux comme indiqué jusqu'à présent.

Les enquêteurs pensent que les conjurés préparaient un attentat d'envergure mais que l'explosion accidentelle de leur arsenal les a conduit à se lancer dans des opérations plus rudimentaires.

Toujours d'après les médias, Abdelbaki As Satty avait déjà fait de la prison pour des délits mineurs.

Selon El Pais et El Mundo, citant des sources de la lutte antiterroriste, il aurait rencontré en prison, dont il est sorti en janvier 2012, des prisonniers liés aux attentats de mars 2004 qui avaient causé la mort de 191 personnes dans des trains de banlieue à Madrid.

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