À Boston, des accrochages des militants d'extrême droite et des milliers de manifestants anti-racisme

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STEPHANIE KEITH / REUTERS
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ÉTATS-UNIS - Les rassemblements se poursuivent aux États-Unis après les événements de Charlottesville, le 12 août. À Boston, une manifestation officiellement en faveur de la liberté d'expression mais devant réunir des militants d'extrême droite était organisée ce samedi 19 août.

Une manifestation "pour la liberté d'expression", mais surtout pour le droit d'afficher librement ses opinions suprémacistes et protester contre les dégradations de statues de symboles confédérés. Des partisans d'extrême droite et nationalistes blancs devaient se réunir en se déplaçant à travers la ville.

Mais ils ont rapidement été submergés par un autre cortège de quelque 40.000 manifestants venus dénoncer le racisme et l'extrême droite sous le slogan "BostonResist". "Pas de place pour la haine" ou "Rentrez chez vous, nazis" pouvait-on lire sur leurs panneaux.

La première vidéo ci-dessous montre la disparité flagrante entre les deux manifestations, l'une ne réunissant que quelques dizaines de personnes quand l'autre noircit les rues.

Alors que la tension était montée toute la semaine aux États-Unis, avec un déboulonnage en urgence de monuments confédérés perçus comme des symboles racistes, la police de Boston avait été déployée en force pour séparer les deux camps. Le rassemblement auquel avaient promis de se joindre des militants d'extrême droite s'est finalement terminé 30 minutes plus tôt que prévu.

C'est alors que les policiers veillaient au départ dans le calme des participants à ce rassemblement que des accrochages ont eu lieu, a expliqué le chef de la police de Boston, William Evans. Des manifestants anti-racisme qui s'approchaient ont été violemment repoussés par les policiers, qui les ont chargés en utilisant matraques et équipement anti-émeute, selon un photographe de l'AFP sur place.

27 manifestants ont été arrêtés, mais aucun blessé "sérieux" n'a été déploré, selon William Evans.

Le chef de la police autant que le maire démocrate Marty Walsh ont néanmoins exprimé leur soulagement d'avoir évité le niveau de violence atteint à Charlottesville le week-end dernier, où un sympathisant néo-nazi a tué une jeune femme et blessé 19 personnes en fonçant en voiture dans la foule.

"Personne n'a été blessé, personne n'a été tué (...), pas de dégâts substantiels, c'est une belle journée pour notre ville", a souligné William Evans. La police avait multiplié les avertissements aux manifestants sur les réseaux sociaux, en leur rappelant notamment que tout ce qui pourrait ressembler à une arme (bâton, pierre, etc...) était interdit.

Le président Donald Trump a salué sur Twitter samedi soir l'action de la police de Boston, "forte et superbe". "Très bon travail des forces de l'ordre et du maire de Boston", a-t-il ajouté.

Comme pour clarifier une position restée floue après les incidents de Charlottesville, et qui a provoqué la colère des Américains, il a tenu à "applaudir" les "nombreux manifestants de Boston dénonçant l'intolérance et la haine". "Notre pays a été divisé pendant des décennies. Parfois il faut manifester pour panser les plaies, et nous allons panser les plaies et être plus forts que jamais!", a-t-il assuré.

Trump "applaudit" les manifestants


"J'aimerais applaudir les nombreux manifestants de Boston dénonçant l'intolérance et la haine. Notre pays sera bientôt uni!"

Sa fille Ivanka s'est elle aussi exprimée sur les manifestations qui se sont tenues à travers le pays, comme à Los Angeles: "C'était beau de voir des milliers de personnes à travers les États-Unis se réunir aujourd'hui pour dénoncer dans le calme l'intolérance, le racisme et l'antisémitisme, a-t-elle écrit. Nous devons continuer de nous réunir, unis en tant qu'Américains!"

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