Le collectif de La Tribune ne baisse pas les bras et appelle à un sit in le 22 aout à la maison de la presse

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Dix jours après la décision de deux actionnaires minoritaires de La Tribune de dissoudre le journal La TRibune, le collectif des travailleurs ne baissent les bars et refusent de se soumettre à cette décision arbitraire.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction le collectif affirme que indépendamment des rasons qui peuvent être invoquées pour justifier la liquidation, "nous réitérons énergiquement notre attachement à la sauvegarde du titre La Tribune : outil de travail et employeur d’une soixantaine de travailleurs tous corps confondus. Mais, pas seulement."

Aujourd’hui, ajoute le collectif, "au nom de considérations commerciales et mercantiles, notre journal est condamné à disparaître, comme ont disparu ses deux principaux membres fondateurs : Khireddine Ameyar et Bachir Cherif Hacène. Cette mise a mort est une décision unilatérale prise par deux associés ne représentant que 18% des parts de la société. Est-ce normal ? Est-ce juste ? Est-ce légal ?"

Le collectif qui refuse la mise à mort d'un journal qui a fait de la liberté de l'expression son crédo et du droit à l'information son slogan, "La perte de La Tribune, dans l’indifférence, peut constituer un précédent grave annonciateur de mauvais jours pour toute la presse nationale qui s’est imposée, malgré son jeune âge, comme une force citoyenne contribuant grandement à l’élargissement des espaces démocratiques et de la libre pensée en Algérie".

Aussi le collectif appelle "intellectuels, syndicats, organisations patronales, personnalités politiques et à tous les défenseurs des droits et des libertés et enfin aux autorités compétentes du pays pour soutenir notre action et nous rejoindre dans cet autre combat".

Un sit in aura lieu mardi 22 août à 11H à la maison de la presse Tahar Djaout pour marquer le refus de la perte dune tribune libre de la presse algérienne.

Pour rappel, La Tribune a cessé de paraître depuis le 09 août suite à la décision de deux actionnaires, Djamel Djerad et Cherif Tifaoui, d’introduire en référé une demande auprès de la justice pour la cessation des activités de la SARL.

M. Tifaoui avait estimé qu'il était "impossible" pour le journal de continuer à paraître, au vu de la situation financière de la SARL, qui est, selon lui, déficitaire depuis 2002, ainsi que des problèmes d'ordre statutaire.

De leur côté, les associés Ameyar, dans la SARL Omnium Maghreb Presse, éditrice du journal La Tribune ont introduit une "intervention volontaire auprès du juge des référés" pour s'opposer à la liquidation de l'entreprise.

Texte intégral du Communiqué du collectif du quotidien La Tribune

Nous, collectif de La Tribune, assistons impuissants depuis le 09 Aout 2017, à la mise à mort de notre journal sur décision des associés minoritaires de la SARL Ominium Maghreb Press. Quelques que soient les raisons invoquées pour justifier cette liquidation, nous réitérons énergiquement notre attachement à la sauvegarde du titre La Tribune : outil de travail et employeur d’une soixantaine de travailleurs tous corps confondus. Mais, pas seulement.
La Tribune a payé un lourd tribut, pour défendre la libre expression, principe de ses fondateurs pour qui, «le droit à l’information, vu autrement» était sacralisé dans les colonnes de La Tribune avec respect, vingt-trois ans durant. Ce qui n’a pas été sans conséquences au vu des difficultés de parcours traversées avec courage et détermination. Aujourd’hui, et au nom de considérations commerciales et mercantiles, notre journal est condamné à disparaitre, comme ont disparu ses deux principaux membres fondateurs : Khireddine Ameyar et Bachir Cherif Hacène. Cette mise a mort est une décision unilatérale prise par deux associés ne représentant que 18% des parts de la société. Est-ce normal ? Est-ce juste ? Est-ce légal ?
Nous, journalistes et personnel du quotidien la Tribune sommes décidés à résister pour défendre le titre qui a compté dans le paysage médiatique du pays car, considérons qu’aucune décision d’ordre commerciale ne peut et ne doit priver le citoyen de son droit à son journal chaque matin.
La perte de La Tribune, dans l’indifférence, peut constituer un précédent grave annonciateur de mauvais jours pour toute la presse nationale qui s’est imposée, malgré son jeune âge, comme une force citoyenne contribuant grandement à l’élargissement des espaces démocratiques et de la libre pensée en Algérie.
A ce titre, nous lançons un appel aux forces vives du pays : aux intellectuels, syndicats, organisations patronales, personnalités politiques et à tous les défenseurs des droits et des libertés et enfin aux autorités compétentes du pays pour soutenir notre action et nous rejoindre dans cet autre combat.
Nous invitons tous ceux qui croient en la justesse de notre cause de nous rejoindre au sit-in qui aura lieu le mardi 22 août 2017 à la maison de la pesse Tahat Djaout à 11 h.

Le collectif de la Tribune

Fait à Alger le 19 aout 2017

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