Espagne: la cellule jihadiste "démantelée", un homme activement recherché par la police

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Armed Catalan Mossos d'Esquadra officers patrol along La Barceloneta beach in Barcelona, Spain, August 19, 2017. REUTERS/Sergio Perez | Sergio Perez / Reuters
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La police espagnole traquait samedi un des derniers membres encore en fuite de la cellule qui a commis les attentats de Barcelone et Cambrils, tous deux revendiqués par le groupe Etat islamique, cellule considérée comme "démantelée" par les autorités.

Après l'attentat de Barcelone dont le bilan est de 13 morts et plus de 120 blessés, l'organisation jihadiste a revendiqué samedi celui de Cambrils, qui a fait un mort et six blessés.

Le gouvernement a cependant décidé de maintenir le niveau d'alerte terroriste à 4, appliqué depuis un attentat sanglant en Tunisie juin 2015. Le niveau maximum de 5 est synonyme de risque d'attentat imminent et implique une présence renforcée de l'armée dans les rues.

"De manière unanime, les experts ont décidé de maintenir le niveau", tout en renforçant certaines mesures de sécurité, a expliqué le ministre espagnol de l'Intérieur sans autres détails.

Juan Ignacio Zoido a dans le même temps affirmé que la cellule jihadiste composée d'une douzaine de personnes était désormais "démantelée", bien qu'un homme, Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans dont la photo a été diffusée, reste recherché par toutes les polices du pays.

Il pourrait s'agir, selon les médias espagnols, du conducteur de la camionnette qui a fauché jeudi des dizaines de passants sur las Ramblas, un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique. Une information que la police se refuse à confirmer, répétant que le conducteur de la camionnette n'a toujours pas été identifié.

Quelques heures après la première attaque en plein coeur de Barcelone jeudi après-midi, une Audi A3 avait foncé sur la promenade du front de mer de Cambrils, une station balnéaire au sud de la capitale catalane, avant de percuter une voiture de police.

Les cinq occupants de l'Audi, qui étaient munis de fausses ceintures explosives, d'une hache et de couteaux, ont été abattus par les forces de l'ordre, dont quatre par un seul et même agent de police.

A ce stade, quatre suspects sont toujours en garde à vue, cinq ont été abattus à Cambrils et trois autres ont été identifiés, dont Younès Abouyaaqoub.

Les deux autres pourraient avoir péri dans l'explosion d'Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, dans une maison remplie de bonbonnes de gaz, où le groupe tentait de confectionner des engins explosifs.

Une voiture est également recherchée. La police espagnole a transmis vendredi aux autorités françaises le signalement d'une Kangoo blanche qui pourrait avoir passé la frontière franco-espagnole, d'après une source policière française.

Après avoir perdu son arsenal dans la déflagration d'Alcanar, le groupe a dû se réorganiser, selon la police, et a agi de manière précipitée pour mener des attaques, d'une moindre envergure et moins meurtrières que prévu.

- Perquisition chez un imam -

La plupart des membres de la cellule avaient des liens avec une petite ville de 10.000 habitants au pied des Pyrénées, Ripoll, où habitaient trois des morts identifiés, Moussa Oukabir, 17 ans, Saïd Aallaa 18 ans, et Mohamed Hychami 24 ans, tous trois Marocains, et où trois suspects ont été arrêtés.

C'est là que la maison d'un imam a été perquisitionnée à l'aube, selon Nourddem, son colocataire qui a assisté à l'opération policière. D’après El Pais qui cite des sources policières, l’imam pourrait avoir été tué dans l’explosion d'Alcanar. "La dernière fois que je l’ai vu c’était mardi et il m’a dit qu’il allait voir sa femme au Maroc", a déclaré Nourddem à l’AFP.

L'annonce de l'implication présumée de Moussa Oukabir et de son frère Driss (27 ans, arrêté jeudi) dans les attentats a suscité une onde de choc chez leurs proches. "Ils ne montraient aucun signe de radicalisation. Ils vivaient comme les jeunes de leur âge, s'habillaient comme eux", a juré les larmes aux yeux leur père Saïd à Melouiya, une bourgade sans histoire du Moyen Atlas au Maroc.

Venu se recueillir sur l'avenue de las Ramblas, le ministre allemand des Affaires étrangères a rappelé que la vague d'attentats avait touché de nombreux pays européens: la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne, jusqu'ici épargnée.

"L’Allemagne est aussi considérée comme un pays sûr et pourtant nous avons eu un terrible attentat sur le marché de Noël l’an dernier", a déclaré Sigmar Gabriel en déposant une gerbe de fleurs. Au moins treize Allemands ont été blessés à Barcelone.

Le roi Felipe VI et la reine Letizia devaient rendre visite samedi aux blessés des attentats, dont 12 sont entre la vie et la mort, dans les deux hôpitaux de Barcelone. Au moins 35 nationalités figurent parmi les victimes.

Sur les Ramblas endeuillées, la vie a repris doucement. Au milieu des fleurs et des peluches déposées parmi d'innombrables bougies, une pancarte résume: "Les Ramblas pleurent mais sont vivantes".

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