Dialogue de communiqués entre RSF et le ministère de la Communication

Publication: Mis à jour:
AL HOCEIMA
RSF répond au ministère de la Communication | Youssef Boudlal / Reuters
Imprimer

HIRAK - Après la réponse du ministère de la Communication à Reporters Sans Frontières (RSF), soulignant qu'"aucune violation de la liberté de presse n'a été commise à Al Hoceima", RSF interpelle à son tour le ministère à travers un nouveau communiqué.

"Suite aux accusations formulées par le ministère de la Culture et de la Communication, Reporters sans frontières (RSF) confirme ses informations publiées précédemment faisant état de violations de la liberté d’informer dans la région du Rif", lance l'organisation dès ses premières lignes. Elle invite également le ministère à continuer le dialogue au travers d'une rencontre, pour "pouvoir lui présenter les recommandations de l’organisation sur la situation de la presse au Maroc."

RSF dénonce, le ministère est "étonné"

Reporters Sans Frontières avait dénoncé "l’entrave des autorités marocaines au travail des journalistes couvrant les manif du Rif". Des affirmations dont le ministère de la Communication s'est déclaré "étonné", affirmant qu'elles étaient “infondées et manquaient de crédibilité et de preuves”.

"Les envoyés des différents médias nationaux, ainsi que les correspondants de la presse étrangère accréditée au Maroc, exercent sur l’ensemble du territoire national en toute liberté et dans des conditions normales, conformément aux dispositions et règlements juridiques régissant et encadrant le métier du journalisme au Maroc", soulignait ainsi le ministère de la Communication dans son communiqué, publié le 13 août.

RSF persiste et signe

Dans son communiqué publié ce 18 août, RSF remet en avant ses "preuves". "Chaque cas présenté par notre organisation est préalablement soigneusement vérifié par nos équipes et notre réseau de correspondants locaux", rappelle l'organisation.

Alors que le ministère affirmait qu'il n'y avait aucune arrestation ou poursuite présumées de journalistes à l’exception de Hamid El Mahdaoui pour "incitation d'individus à commettre des délits et appel à participer à une manifestation interdite", RSF rappelle d'autres cas.

"Le maintien en détention de six journalistes-citoyens sans jugement. Pour RSF, Mohamed Al Asrihi et Jawad Al Sabiry, respectivement directeur et photographe du média en ligne Rif24, Abd Al Ali Haddou, animateur de la web TV AraghiTV, Houssein Al Idrissi, photographe de Rif Press, Fouad Assaidi, animateur de la page Facebook AwarTV et Rabiaa Al Ablak, contributeur de Badil.info ont été arrêtés alors qu’ils faisaient un travail d’information d’intérêt général dans la région du Rif. Ils n’ont rien à faire derrière des barreaux."

L'organisation rappelle aussi l'expulsion de plusieurs journalistes venus couvrir les manifestations. "Le mois dernier, le directeur espagnol du média en ligne Correo Diplomàtico José Luis Navazo et le journaliste indépendant espagnol Fernando Sanz ont été arrêtés puis expulsés quelques heures plus tard. Fin mai 2017, c’est le grand reporter d’El Watan, Jamal Allilat, qui était interpellé alors qu’il couvrait des manifestations dans la région d’Al-Hoceïma avant d’être expulsé vers l’Algérie. Les recommandations de RSF concernant l’expulsion manu-militari de journalistes étrangers demeurent inchangées: il s’agit clairement pour notre organisation d’une atteinte à la liberté de l’information."

Enfin, dans son communiqué, le ministère affirmait que "89 correspondants de la presse étrangère ont été accrédités au Maroc et disposent de toutes les autorisations qui leur ont été délivrées par le ministère, afin de leur permettre de mener à bien leurs missions dans l'ensemble du pays." RSF, de son côté, a constaté "à plusieurs reprises, que des journalistes étrangers n’ont jamais obtenu de réponse à leurs demandes d’autorisation de tournage."

Pour finir, Reporters Sans Frontières rappelle avoir sollicité, ce 18 août, Mohamed Ghazali, le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication et le ministre Mohamed Laaraj. Sollicitations qui n'ont pas obtenu de réponses, pour le moment. "Dans l’attente d’une réponse, l’ensemble des équipes de RSF présente au ministre et au secrétaire général l’expression de sa plus haute considération".

LIRE AUSSI: