Après la Tunisie et la Jordanie, les violeurs libanais ne pourront plus s'en tirer en épousant leur victime

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PATRICK BAZ/AFP/Getty Images
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Après la Tunisie et la Jordanie, c'est au tour du Liban d'abolir la possibilité pour le violeur d'échapper à une peine de prison s'il épouse sa victime.

En effet, mercredi, le parlement libanais a amendé l'article 522 du code pénal, une victoire pour les progressistes.

À l'origine de cet amendement, l'avocat Elie Kayrouz affirme à l'agence Reuters: "Cela représente (...) un développement positif dans la législation du Liban" malgré le fait que le viol conjugal et le mariage des mineurs restent légaux.

"Aujourd'hui, nous voulons féliciter les femmes du Liban", a déclaré pour sa part l'avocate Danielle Howayek, du groupe des droits des femmes Abaad basé à Beyrouth.

Howayek affirme cependant qu'il y a encore un long chemin à parcourir pour les droits des femmes libanaises soient protégés, mais se débarrasser de cette disposition qui remonte à 1943 est une étape importante.

"Aujourd'hui, il devrait être clair pour tout le monde qu'il n'y a pas d'échappatoire pour éviter la justice en cas de viol, et pour tout acte sexuel par la force ou sous la contrainte", a-t-elle ajouté.

Abaad a fait pression contre la loi pendant des mois, en collant des affiches de femmes dans des robes de mariées ensanglantées et déchirées. "Une robe blanche ne couvre pas le viol", disaient les images avant de protester dans les rues de Beyrouth habillées en robes de mariées déchirées et ensanglantées.

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En Avril, les militants avaient également accroché des robes blanches déchirées sur le front de mer à Beyrouth.

Pour sa part le ministre de la Justice Salim Jrayssati a dit qu'il consulterait les groupes de défense des droits des femmes afin de "voir s'il y a besoin d'autres amendements".

Le 25 juillet dernier, la Tunisie a également amendé l'article 227 bis de son code pénal qui prévoyait une possibilité pour le violeur d'échapper à une peine de prison s'il épousait sa victime. Cette amendement inspirera d'autre pays comme la Jordanie qui a aboli une pareille loi le 1er août dernier.

Bien avant, l'Égypte a aboli une loi similaire en 1999. C'était également le cas au Maroc qui l'a abrogé en 2014 après le suicide d'une jeune fille de 16 ans forcée d'épouser son violeur.

Cependant, les violeurs peuvent toujours épouser leurs victimes dans de nombreux pays arabes dont le Bahreïn, l'Irak ou encore le Koweït selon l'ONG Equality Now.

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