La Foire Internationale d'Art Contemporain accueillera pour la première fois une galerie tunisienne

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La galerie d’art contemporain Selma Feriani, située à Londres et à Sidi Bou Saïd, a annoncé sa participation à la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) qui aura lieu du 19 au 22 octobre au Grand Palais à Paris.

Elle s’impose ainsi comme la première galerie tunisienne de ce rendez-vous parisien.

Créée en 2009 à Londres, avant d’ouvrir ses portes à Sidi Bou Saïd en 2013, Selma Feriani Gallery s’attache à promouvoir les œuvres d’artistes contemporains émergents de tous horizons. Elle a notamment collaboré avec les artistes Yazid Oulab, Nidhal Chamekh ou Ziad Antar.

La galerie avait déjà marqué sa présence dans plusieurs foires d’envergure telles que Art Basel (Bale et Hong Kong), Art Brussels, Paris Photo et Art Dubaï. Pour la rentrée elle a récemment confirmé sa présence à la Foire 1:54 à Londres.

Un gage de qualité sur la scène artistique l'internationale

L’événement réunissant chaque année près de 185 galeries, s’est affirmé comme la plus importante foire d’art contemporain aux côtés des célèbres Art Basel (Bale, Miami, Hong Kong) et Frieze (Londres, New York).

Cet immanquable de la scène artistique actuelle rassemble les plus prestigieuses galeries du monde. La galerie tunisienne exposera ainsi auprès de géants de l’art contemporain comme la Gagosian Gallery (Paris, New York, Londres, Beverly Hills, Hong Kong) ou la Pace (Paris, New York, Palo Alto, Londres, Pékin, Hong Kong).

"Nous sommes absolument au même niveau que les autres galeries que ce soit par rapport à nos expositions ou à nos artistes", relève Selma Feriani, fondatrice de la galerie au HuffPost Tunisie.

"Nous allons rencontrer des collectionneurs du monde entier qui vont juger notre présentation et en même temps placer nos œuvres dans des collections internationales" ajoute-t-elle.

Si la présence de la galerie à la FIAC cette année marque une étape majeure dans sa reconnaissance internationale, il s'agit d'abord pour Selma Feriani, de "représenter bien comme il faut notre pays".

Une préparation sur le long terme

"Pour arriver à être accepté à la FIAC, Art Basel ou la Frieze, etc. c’est vraiment un travail qui se fait sur plusieurs années", explique Selma Feriani.

Cela passe, en amont, par "une programmation très régulière et sélective, un travail sérieux, en synergie avec les artistes".

"On travaille de très près avec les artistes, de la période de réflexion à la préproduction puis à la production, jusqu'à la présentation de l'œuvre mais aussi à sa contextualisation, aux essaies qui sont écrits sur le travail des artistes, etc.", développe la galeriste.

"Les foires qui ont sélectionné notre galerie la suivent depuis des années, la relation avec Jennifer Flay (NDLR: directrice de la FIAC) ou Marc Spiegler (NDLR: directeur d'Art Basel) date de plusieurs années. Ils vérifient ce qui se passe au sein de la galerie tout au long de l'année, une galerie doit, par exemple, être ouverte au minimum cinq fois par semaine et toute la journée. La relation se développe, ensuite ils remarquent que la programmation est sérieuse, que nous sommes ambitieux et que nos artistes sont en train d'être placés dans des collections et des expositions institutionnelles, musées ou biennales".

Un choix porté sur l'Afrique du Nord

"Jennifer Flay a mentionné dans sa conférence de presse que la FIAC rêvait d'avoir une galerie venue d'Afrique du nord". Comme l'explique Selma Feriani, la foire a exprimé son souhait d'accueillir des galeries nord-africaines, soulignant que celles-ci devaient être avant tout "de qualité".

"Pour la FIAC il était important qu'il y ait une galerie africaine en dehors de l'Afrique du Sud qui est déjà largement représentée. En Tunisie, il y a très peu de galeries spécialisées dans l'art contemporain et qui ont une programmation pertinente ou qui essaient de ne pas faire d'erreur de présentation et de curating".

Sur son stand, la galerie propose un projet avec deux artistes mêlant vidéos et dessins: le Tunisien Ismaïl Bahri, – "un jeune artiste émergent mais qui fait du bruit", "une courbe montante" pour reprendre les termes de Selma Feriani, mais aussi le plus jeune artiste à exposer au Jeu de Paume – et l'Algérien Massinissa Selmani, qui vient d'obtenir le Prix Sam pour l'art contemporain et exposera au Palais de Tokyo à Paris en février prochain.

"On a trouvé intéressant de mettre l'accent sur deux jeunes artistes nord-africains, qui se connaissent et ont eu énormément d'échanges", argumente Selma Feriani.

Une telle présence s'avère, en effet, intéressante pour la foire, qui a pour ambition de diversifier sa programmation. "L'arrivée de jeunes galeries et de jeunes artistes dynamise une foire", souligne ainsi la galeriste.

Mais elle se révèle aussi particulièrement pertinente au vu "des échanges et affinités entre la France et la Tunisie, de la présence historique de la culture française chez nous".

Sur la nécessité de présenter un artiste tunisien, elle soutient également que "ce qui est intéressant avec les artistes tunisiens c'est que même lorsqu'ils vivent à l'étranger, leur laboratoire est en Tunisie. Ismaïl a un laboratoire ici, il y fait des rencontres, des recherches, il écrit… Le travail est donc généralement ancré en Tunisie et c'est quelque chose qui me tient à cœur".

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