Fête du tapis d'Aït Hichem: la 10e édition sous le signe de la renaissance

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Photo d'archive | DEA / C. SAPPA via Getty Images
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La 10ème édition de la fête du tapis traditionnel d’Ath Hichem, dans la commune d’Aït Yahia, (daïra d’Aïn El Hammam, dans la wilaya de Tizi Ouzou) s’est ouverte jeudi au niveau de l’école primaire du village sous le signe de la renaissance et de retour au bercail.

Se réappropriant l’évènement après une absence de trois années consécutives, les tisseuses des Aït Hichem ont tout mis en place pour assurer la réussite de cette manifestation réservée exclusivement à l’artisanat traditionnel du tapis qui survit malgré les contraintes et les aléas du temps.

Dans une ambiance festive, marquée par une forte présence des visiteurs et des amateurs de ce métier ancestral que seul ce village a su sauvegarder contrairement à d’autres villages de Kabylie, qu’a été donné le coup d’envoi de cette 10ème édition.

Un retour au bercail que les habitants d’Aït Hichem ont vécu en présence des autorités locales de la wilaya de Tizi Ouzou et du représentant du ministère du Tourisme et de l’Artisanat qui a rappelé, lors de la prise de parole, l’engagement de l’Etat à sauvegarder ce patrimoine matériel, témoin d’une civilisation lointaine et d’une richesse culturelle inestimable.


Le tapis d’Aït Hichem revêt une dimension nationale et internationale

L’année dernière il a été exposé au village mondial consacré à l’artisanat à Dubaï.

Le ministère du tourisme et de l’artisanat assurera son accompagnement aux tisseuses locales dans la préservation et la promotion de ce métier à travers la formation, la disponibilité de la matière première, en vue d’en faire un produit capable de conquérir d’autres marques sur le marché international.

Le représentant du ministère a invité, par ailleurs, les tapissières d’Aït Hichem à innover et introduire des touches modernes sur le tapis, à l’image de l’introduction des couleurs en vue d’en faire un label mondialement connu qui contribuera à la préservation du patrimoine local mais au développement économique de la région.

Des problèmes qui freinent le développement du métier

La présidente de l’association des femmes tisseuses pour la sauvegarde et la promotion du tapis d’Aït Hichem Azetta qui organise la fête après trois années de délocalisation au niveau du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, a saisi l’opportunité de la présence des autorités pour soulever certaines doléances qui freinent le développement de la filière, à l’image la création d’un centre d’estampillage du tapis d’Aït Hichem qui permettra sa commercialisation sur le plan international.

Taous Aït Ouazou a rappelé, dans ce sillage, que l’estampillage se fait actuellement au niveau de Tipasa au profit des tisseuses locales en l’absence d’une structure chargée de l’opération au niveau du village.

Elle a également abordé les difficultés liées au manque de la matière première (la laine) que les tapissières et tapissiers sont contraints de commander à Ghardaïa ou Ouargla ce qui retarde le bon déroulement de l'opération de tissage.

Les tisseuses, appuyées par le comité de village d’Aït Hichem, ont demandé également la réouverture de l’école de tissage de la région ouverte pour la première fois en 1892 pour fermer en 2008 pour absence de stagiaires, a-t-elle observé.

La remise en service de l’établissement permettra, en effet, d’assurer la relève et de former les jeunes filles sur ce métier qui connaît un recul de nombre de femmes qui l’exercent depuis quelques années, a-t-elle souligné.

L’aménagement d’un hall d’exposition permanent au niveau de cette même école, transformée en centre de formation professionnelle qui servira également d’espace de vente au profit de ces artisanes qui n’ont pas d’autres revenus, constituera un atout pour la promotion de l’activité du tissage, a-t-on fait savoir.

La 10ème édition de la fête du tapis a vu, cette année, la participation de 14 tisseuses d’Aït Hichem et une trentaine d’autres artisans de différents métiers issues de différentes localités et d’autres wilayas du pays tel que de Ghardaïa, Touggourt, Tipasa, Khenchela et Ouargla, a-t-on précisé.

Outre les expositions-vente du tapis et d’autres produits de l’artisanat comme le bijou, les organisateurs ont inscrit au programme de la manifestation, qui se poursuivra jusqu'au 21 août prochain, des conférences sur l’artisanat traditionnel du tapis, l’estampillage et la sauvegarde du patrimoine, ainsi que de l’animation artistique et des représentations théâtrales.

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