Quelles mesures entreprendre pour booster l'économie et réduire les dépenses publiques? Ridha Saïdi, conseiller du chef du gouvernement répond

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Face à une situation économique fragile, booster l'économie et renouer avec la croissance s'avèrent une tâche difficile. Différentes mesures doivent êtres prises pour surmonter la crise et donner une bouffée d'oxygène à l'économie.

Selon le conseiller économique auprès du chef du gouvernement, chargé du suivi des programmes et des projets publics Ridha Saïdi, ces mesures s'articulent autour de deux axes principaux. Le premier est relatif à la promotion de l'économie nationale en encourageant les investissements privés et en venant en aide aux entreprises en difficulté. Il a indiqué, sur les ondes d'Express Fm, que le rétablissement d'un tissu économique équilibré pourrait facilement être une locomotive intéressante pour la croissance nationale. Il a noté qu'avec les problèmes de gestion de la finance publique et les pressions budgétaires, des réformes audacieuses s'imposent.

Il a précisé qu'une série de mesures a été, déjà, lancée notamment en matière de fiscalité, et d'autres suivront dans le cadre de la loi de Finance 2018. "Si l’on ne prend pas de mesures de fond pour améliorer l’état de santé des finances publiques, on se retrouvera à prendre des mesures douloureuses. Il faut entamer les réformes" a-t-il expliqué.

Saïdi a rappelé que le taux de croissance affiché durant le premier semestre de 2017 est autour de 1,9%. Un taux, faible et en dessous des prévisions, mais qui dénote toutefois d'un rétablissement graduel des indicateurs économiques. Il s'est montré optimiste en estimant une amélioration sensible au 3ème et au 4ème trimestre grâce aux bons indicateurs dans les secteurs du tourisme, avec une progression entre 28 et 30%, et de l’agriculture où les prévisions sont très bonnes notamment pour les céréales et l’huile d’olive.

Il a, également, dévoilé la progression des intentions d'investissement en marquant l'intérêt de grands investisseurs étrangers à investir et lancer leurs projets en Tunisie.

Quant au deuxième axe, il vise à réduire les dépenses de l'État. Pour y arriver, le conseiller économique auprès du chef du gouvernement a souligné la nécessité de réduire la masse salariale qui pèse lourdement sur le budget de l'État (près de 70% des dépenses), réduire les dépenses publiques, maîtriser les subventions, améliorer les recouvrements fiscaux et accélérer la vente des biens confisqués qui peuvent rapporter entre 450 et 500 millions de dinars aux caisses de l’État.

"Actuellement, le ratio de la masse salariale par rapport au PIB est aux alentours de 15%, nous prévoyons de le contrôler davantage pour qu’il arrive à 12,1% à l’horizon 2020" a-t-il révélé en précisant qu'une des solutions serait de donner la possibilité aux salariés de la fonction publique d’accéder à des retraites anticipées ou encore de renforcer le PIB.

"En terme de masse salariale nous sommes l’un des premiers pays au monde, ceci rend les finances publiques incontrôlables" a-t-il répliqué.

Selon Robert Blotevogel, représentant du Fonds monétaire international(FMI), la maitrise du déficit budgétaire et la réduction de la masse salariale représentent pour le pays, la garantie d'une stabilité macroéconomique, laquelle constitue le prérequis pour toute croissance et création d’emplois. Il a noté que la Tunisie a bien avancé dans les grands chantiers déjà ouverts, à savoir la réforme de la fonction publique, des caisses sociales et de fiscalité, mais les défis sont toujours.

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