Contrairement aux préjugés, la question de l'égalité dans l'héritage concerne la femme rurale affirme Mehdi Ben Gharbia

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"Je suis heureux et fier de Béji Caïd Essebsi" a martelé Mehdi Ben Gharbia, ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et la Société civile, sur les ondes de Shems Fm arguant qu'ouvrir le débat sur la question relative à l'égalité dans l'héritage entre hommes et femmes s'inscrit dans le cadre du prolongement du courant réformiste initié par Kheireddine Tounsi en passant par Taher Haddad et Habib Bourguiba.

Ben Gharbia a noté qu'avec la nouvelle constitution, certaines lois se trouvent obsolètes et inadaptés à la société moderne. "L’heure est venue d’abroger de vieilles lois. Et il faut avoir du courage et du charisme pour le faire" a-t-il souligné.

Le ministre a estimé que "l'histoire ne marche pas à reculons". Selon lui, l'avenir s'oriente de plus en plus vers l'égalité, la parité et la garantie des libertés et droits individuels. Il a, par ailleurs, mis en relief le changement d'aspect de la société tunisienne. Un facteur imminent qui traduit l'importance de ces nouvelles mesures et accentue la position de la femme dans la société.

"Aujourd’hui, la configuration de la population tunisienne a changé. 75% de la population vit dans les grandes villes avec des familles composées de deux enfants. Il faut que filles et garçons héritent de manière égale et si nous voulons vraiment appliquer les droits de l’Homme en Tunisie, on ne peut pas limiter l’accès à la propriété aux femmes" a-t-il expliqué. Un constat totalement différent de celui de l'époque de Bourguiba. "Durant ces 60 dernières années, la Tunisie a vécu une importante transition démographique" a-t-il soutenu.

Interrogé sur son avis quant au soutien de l'office de l'Ifta à cette initiative lancée par le président de la République à l'occasion de la fête nationale de la femme, Ben Gharbia a estimé qu'il s'agit d'un pas en avant et qu'il vaut mieux changer d'avis dans le bon sens que de rester figé. Rappelons qu'en 2016, la question de l'égalité dans héritage a été évoquée par Ben Gharbia. Une attitude qui n'a pas été apprécié par le mufti de la République qui a noté, à l'époque, que le débat sur l'égalité successorale est vain et contraire à l'Islam puisqu'il est clairement "proscrit par la chariaâ".

En réponse à ceux qui considèrent que l'égalité dans l'héritage ne concerne que les bourgeois, Ben Gharbia a noté que, contrairement aux préjugés, cette question est dédiée plutôt à la femme rurale, "celle qui passe toute sa vie à travailler la terre, à se sacrifier pour le bonheur des autres, se trouve au final sans rien". "Les bourgeois n’ont pas de problème avec l’héritage car ils héritent déjà de manière égale" a-t-il dit.

Quant aux accusations de vouloir diviser la population, Ben Gharbia a déclaré: "On ne veut pas diviser les Tunisiens. Au contraire, les femmes représentent la moitié de la Tunisie" a-t-il indiqué.

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