Le Tunisien Karim Jebbari invité à graffer sur la façade d'une mosquée de Montréal

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Instagram/Karim Jabbari
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À travers le graffiti, Karim Jebbari "offre une nouvelle vie à une forme artistique qui a traversé les siècles", ce sont les termes employés par le journal canadien CBC news dans un article consacré à l’artiste tunisien publié il y a quelques jours.

Le calligraphe originaire de Kasserine, qui travaille essentiellement avec le graffiti et la lumière, a en effet été invité à produire son travail sur les murs de Montréal.

I ❤ MONTREAL #Karimjabbari #oldkufi #richestlanguageontheplanet #don'tpanik 📷 by the awseome Hela Zahar

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Sa présence dans la ville canadienne, a été rendue possible grâce à un partenariat entre le Festival de graffiti UnderPressure et la chercheuse Hela Zahar qui s’intéresse au sens de la calligraphie arabe urbaine à Montréal, Paris et Tunis.

Celle-ci a donné lieu à une réalisation monumentale sur la façade de la mosquée Al-Omah Al-Islamiah de Montréal.

Karim Jebbari a ainsi mis à l’honneur le "calligraffiti", forme artistique en pleine expansion s’inspirant de la calligraphie arabe, dont il est un des plus importants représentants.

Cette forme d’expression permet un renouveau de la technique calligraphique traditionnelle. "Les gens sont en train de s’en éloigner et je veux rapprocher cela de la jeunesse", explique Karim Jebbari. "Cela montre au monde arabe qu’il peut être fier de sa langue et l’utiliser sur une scène graffiti".

La scène de l’art urbain connaît, en effet, elle aussi un nouvel élan à travers cette technique. "Tout réside dans la question: Pourquoi ne pas remplacer les lettres latines par des lettres arabes?", ajoute le graffeur.

Ici l’artiste utilise les lettres A et L de l’alphabet arabe définissant un mot. Cette répétition est rompue de temps à autre par des termes extraits d’un poème d’Abou Kacem Chebbi. On notera ainsi, la formule "J’aimerais comprendre l’univers mais je suis incapable de me comprendre moi même".

Comme l’explique Karim Jebbari le choix d’une telle réalisation sur la façade d’un lieu de prière musulman local est porteur d’une forte symbolique. Rappelons que le Québec avait notamment fait l’objet d’une attaque sanglante dans une mosquée en janvier dernier, entrainant un fort sentiment d’insécurité poussant certains musulmans à quitter la province.

"Il s’agit vraiment d’un appel à se comprendre mutuellement […] certainement aussi de se concentrer sur le bon côté des gens", poursuit Karim Jebbari,"surtout lorsqu’on parle de la communauté musulmane de Montréal, qui se trouve harcelée et bombardée à chaque fois que quelque chose se passe dans le monde, nous sommes les premiers à être jugés".

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